
Le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, et son cabinet ont approuvé ce vendredi un règlement qui permet à l'État de créer sa propre liste d'organisations terroristes, indépendamment de celle maintenue par le gouvernement fédéral, selon rapporté par El Nuevo Herald.
La norme a été adoptée par téléconférence à l'occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 et établit la procédure formelle permettant à la Floride de désigner de manière autonome des groupes terroristes.
Selon le nouveau règlement, le chef de la Sécurité Intérieure de l'État devra proposer par écrit chaque nomination. L'organisation désignée disposera de sept jours pour présenter des objections et ne pourra comparaître devant le cabinet que si ce dernier l'autorise expressément.
Une fois que le cabinet aura approuvé une désignation, celle-ci sera publiée dans le registre administratif de l'État dans un délai de sept jours et entrera en vigueur 30 jours après. Les organisations concernées pourront contester la décision devant un tribunal d'État du comté de Leon.
Le règlement précise expressément que ni le simple fait d'appartenir à un groupe désigné ni de fournir une assistance juridique ne suffisent à eux seuls pour engager une procédure pénale.
«Nous avons déjà le processus pour nommer ces groupes, couper leur soutien du contribuable et exiger des comptes à ceux qui les financent», a écrit le procureur général de la Floride, James Uthmeier, sur le réseau social X.
Ce règlement est le dernier maillon d'une chaîne législative qui a commencé en décembre 2025, lorsque DeSantis a signé un ordre exécutif désignant le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) et la Fraternité musulmane comme organisations terroristes dans l'État. Un juge fédéral a bloqué cet ordre en mars 2026, estimant que le gouverneur empiétait sur une compétence exclusive du gouvernement fédéral.
En réponse, la législature de Floride —contrôlée par les républicains— a approuvé la loi HB 1471 avec une large majorité, et DeSantis l'a signée en avril 2026. La norme est entrée en vigueur le 1er juillet et crée un mécanisme étatique de désignation qui nécessite l'approbation du gouverneur et de son cabinet, composé de Uthmeier, du directeur financier Blaise Ingoglia et du commissaire à l'Agriculture Wilton Simpson, tous trois républicains.
En annonçant les premières désignations en vertu de cette loi, DeSantis a inclus CAIR, la Fraternité musulmane et Antifa, ainsi que plus de 90 organisations étrangères déjà reconnues par le Gouvernement fédéral : le Tren de Aragua vénézuélien, les cartels mexicains de Sinaloa, du Nord-Est et du Golfe, et le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran.
L'inclusion de CAIR s'avère particulièrement controversée car cette organisation — la plus grande défense des droits civils des musulmans dans le pays — ne figure pas sur la liste fédérale des groupes terroristes. En juillet, CAIR et l'Union Américaine pour les Libertés Civiles (ACLU) ont porté la loi HB 1471 devant un tribunal fédéral, arguant qu'elle porte atteinte à la liberté d'expression et à d'autres droits constitutionnels. Suite à cette action en justice, les autorités étatiques ont suspendu la désignation de CAIR jusqu'à ce que de nouveaux règlements soient finalisés.
Un jugement de fond concernant la demande originale de CAIR contre l'ordre exécutif de DeSantis est prévu pour janvier 2027 devant le juge fédéral Mark Walker.
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