Une juge ordonne la libération d'un Cubain arrêté par l'ICE dans le Nevada en raison de l'impossibilité de le déporter pour le moment

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Une juge fédérale du Nevada a ordonné la libération du Cubain Roberto Miranda Moya, détenu par le Service de l'immigration et du contrôle des frontières des États-Unis (ICE), ayant conclu que le gouvernement n'avait pas prouvé que son expulsion vers Cuba pourrait être exécutée dans un avenir raisonnablement prévisible.

La décision, rendue le 8 octobre 2026 par la juge Jennifer A. Dorsey, du Tribunal fédéral du district du Nevada, établit que maintenir un migrant en détention sans perspectives réelles d'expulsion dépasse l'autorité légale des autorités migratoires.

Miranda Moya est arrivé aux États-Unis en 2016, lorsqu'il a demandé l'asile politique. Le 20 octobre 2025, il a été arrêté par les autorités locales pour des faits de violence domestique et, ce même jour, il a été placé sous la garde de l'ICE.

Par la suite, le 3 mars 2026, il a reçu un ordre de deportation vers Cuba. Son appel a été rejeté pour avoir été présenté hors délai, de sorte que l'ordre est devenuexécutoire le 18 mai.

Depuis lors, il était maintenu en détention au Centre de Détention du Sud du Nevada, situé à Pahrump, en attendant une expulsion qui, selon le tribunal, n'avait pas de chances concrètes d'être exécutée.

Le gouvernement n'a pas prouvé qu'il pouvait le déporter

Un des éléments déterminants de la décision a été que les autorités américaines n'ont pas prouvé qu'elles effectuaient des démarches pour déporter le Cubain.

La juge a indiqué que la probabilité que les États-Unis réussissent à expulser Miranda Moya, tout comme d'autres citoyens cubains dans des circonstances similaires, était extrêmement faible.

De plus, le gouvernement lui-même a reconnu qu'il ne cherchait pas à le transférer vers un tiers pays, ce qui a rendu infondée la nécessité de le maintenir privé de liberté en attendant son expulsion.

La magistrate a basé sa décision sur le précédent Zadvydas v. Davis, établi par la Cour Suprême en 2001, qui limite le pouvoir du Gouvernement à détenir indéfiniment des immigrants avec des ordres d'expulsion.

Bien que ce précédent considère probablement raisonnable une période de six mois de détention après une ordonnance définitive de déportation, Dorsey a expliqué qu'il n'est pas obligatoire d'attendre l'expiration de ce délai lorsque cela devient évident que l'expulsion ne pourra pas se concrétiser.

Dans le cas de Miranda Moya, environ quatre mois et 19 jours s'étaient écoulés depuis que son ordre de déportation était devenu définitif.

Libération sous surveillance et protection contre une nouvelle arrestation

La sentence prévoit que le cubain soit libéré sous des conditions raisonnables de surveillance, sans que celles-ci puissent retarder sa sortie du centre de détention.

Elle interdit également aux autorités fédérales de le réarrêter pour des raisons migratoires, à moins qu'elles ne présentent des preuves que son expulsion vers un pays spécifique peut être réalisée dans un avenir raisonnablement prévisible.

Le tribunal a exigé au gouvernement de communiquer la date et les conditions de sa libération, ainsi que de confirmer par la suite le respect de l'ordre.

La résolution n'annule pas l'ordre de deportation contre Miranda Moya, mais empêche qu'il reste détenu indéfiniment tant que les autorités n'ont pas de voie réaliste pour l'expulser du pays.

Le cas de Miranda Moya s'ajoute à d'autres décisions judiciaires qui ont remis en question la détention prolongée de citoyens cubains lorsque les autorités américaines ne parviennent pas à exécuter leurs expulsions.

En mai, un juge fédéral de Floride a ordonné la libération du Cubain Mauricio Castellanos-Gorra, qui avait été détenu par l'ICE pendant près de sept mois, après que le gouvernement n'ait pas présenté de preuves justifiant son maintien en détention. La décision s'est également basée sur le précédent Zadvydas v. Davis.

En contraste, d'autres Cubains restent piégés dans des processus migratoires sans issue définie. C'est le cas d'Antonio Frómeta Ascón, âgé de 63 ans, qui est resté plus d'un an détenu au Texas après que les autorités cubaines aient refusé de l'accueillir pour sa déportation.

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