La administration de Donald Trump envisage une nouvelle réglementation qui restreindrait considérablement l'accès aux permis de travail pour les demandeurs d'asile, dans une nouvelle tentative de durcir le système migratoire américain.
Selon des responsables du Département de la Sécurité Nationale (DHS) à CBS News, le gouvernement travaille sur une réglementation qui suspendrait indéfiniment l'émission de nouveaux permis de travail pour ceux qui ont des demandes d'asile en attente.
Cela romptrait avec une politique en vigueur depuis les années 90, qui permet aux demandeurs d'accéder à un permis de travail si leur dossier reste sans résolution pendant au moins 180 jours.
La mesure augmenterait également le délai d'attente obligatoire pour obtenir un permis, passant de 150 jours actuellement à une année entière après le dépôt de la demande.
De plus, il impose comme condition que le gouvernement résolve une grande partie des cas d'asile en attente, ce qui est compliqué par l'accumulation de plus de 1,5 million de demandes auprès des Services de citoyenneté et d'immigration (USCIS), et deux millions supplémentaires devant les tribunaux d'immigration.
Coup dur pour des milliers de familles migrantes
La proposition a suscité une alarme parmi les défenseurs des droits des migrants. Des experts avertissent que, si elle est adoptée, la norme obligerait des milliers de personnes à travailler dans l'économie informelle, les exposant à l'exploitation et à des risques accrus de déportation.
Un autre pas vers la fermeture de l'asile
Cette mesure serait la plus récente dans une série d'actions de la deuxième administration Trump pour ceux qui cherchent refuge, avec l'argument de présumées menaces à la sécurité nationale.
En janvier, Trump a émis un ordre d'urgence qui permet l'expulsion rapide de la majorité des migrants à la frontière, évoquant une prétendue "invasion", ce qui a été contesté légalement par des groupes de défense.
La proposition rappelle également une règle de 2020, durant le premier mandat de Trump, qui prolongeait la période d'attente pour les permis de travail à un an et imposait de nouvelles restrictions.
Bien que le DHS n'ait pas encore confirmé officiellement la mesure, ni qu'il y ait une date définie pour son annonce, le message est clair : l'administration Trump entend réduire considérablement le système d'asile pour les migrants, sans tenir compte du coût humanitaire de cette décision.
Révocation des permis de travail aux Cubains avec CBP One
Des milliers de personnes ayant pénétré aux États-Unis grâce à l'application CBP One, créée pour réguler le flux de personnes à la frontière sud, ont reçu des notifications du gouvernement fédéral les informant de la révocation imminente de leurs permis de travail.
L'annulation massive des autorisations de travail délivrées par le programme CBP One frappe durement les migrants, notamment les Cubains qui sont arrivés avec un statut de parole et espéraient une voie sûre pour s'installer dans le pays.
La Cour suprême des États-Unis permet à Trump de révoquer le statut humanitaire
La Cour Suprême des États-Unis a autorisé vendredi dernier l'administration de Donald Trump à révoquer le parole humanitaire accordé à plus de 500 000 migrants de Cuba, du Venezuela, du Nicaragua et d'Haïti, dans une décision qui pourrait entraîner l'expulsion massive de centaines de milliers de personnes actuellement en statut légal temporaire dans le pays.
Avec un ordre bref mais percutant, le tribunal a accepté une demande d'urgence de la secrétaire à la Sécurité nationale, Kristi Noem, pour mettre fin immédiatement au programme créé par Joe Biden en 2022, qui permettait aux migrants de ces quatre pays d'entrer aux États-Unis sous certaines conditions, de vivre légalement et de travailler pendant deux ans.
La décision a bénéficié du vote dissident des magistrates libérales Ketanji Brown Jackson et Sonia Sotomayor.
Questions fréquentes sur les restrictions migratoires de l'administration Trump
Quelles sont les nouvelles restrictions de l'administration Trump pour les demandeurs d'asile ?
L'administration Trump prévoit de suspendre indéfiniment l'émission de nouveaux permis de travail pour les demandeurs d'asile ayant des cas en cours. De plus, le délai d'attente obligatoire pour obtenir un permis passerait de 150 jours à une année complète après le dépôt de la demande. Cette mesure vise à durcir le système migratoire américain et pourrait contraindre des milliers de personnes à travailler dans l'économie informelle.
Quel impact aura la révocation du parrainage humanitaire sur les migrants cubains ?
La révocation du statut de protection humanitaire affectera plus de 530 000 migrants, dont environ 110 900 Cubains qui sont entrés légalement aux États-Unis sous ce programme. Ils perdront leur statut légal et leur autorisation de travail, ce qui pourrait conduire à des déportations massives. Les Cubains pourraient utiliser la Loi d'Ajustement Cubain pour régulariser leur statut, mais beaucoup n'ont pas encore complété ce processus.
Que signifie la suspension des permis de travail pour les bénéficiaires du programme CBP One ?
La suspension des permis de travail pour les bénéficiaires du programme CBP One laissera de nombreux migrants sans moyens légaux pour subsister. Ces permis étaient cruciaux pour les migrants pendant qu'ils demandaient l'asile politique. Sans eux, s'ils continuent à travailler, ils pourraient perdre toute possibilité de régulariser leur statut, s'exposant ainsi à des risques de déportation.
Comment la politique de déportation accélérée affectera-t-elle les migrants aux États-Unis ?
La expansion de l'expulsion accélérée permettra aux autorités d'expulser rapidement les migrants sans avoir besoin d'une audience au tribunal. Cette mesure touchera principalement ceux qui n'ont pas de recours légal valable pour rester aux États-Unis, y compris ceux ayant des permis temporaires qui peuvent être révoqués. Les opérations se sont intensifiées, générant de la peur au sein des communautés de migrants.
Archivé dans :
