Juicio "exemplaire" à Sancti Spíritus : Six et quatre ans de prison pour deux citoyens pour le sacrifice illégal de bétail

Au lieu de s'attaquer aux véritables causes de la crise - pénurie de fournitures, corruption institutionnelle et manque de protection pour les paysans -, l'État ne prend que des mesures contre les bouchers.

Procès au Tribunal Provincial Populaire de Sancti SpíritusFoto © Facebook / Tribunal Provincial Populaire Sancti Spíritus

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Alors que l'accès à la viande est un luxe inaccessibile pour la majorité des Cubains, le gouvernement réagit avec une main de fer.

Cette semaine, le Tribunal Provincial Populaire de Sancti Spíritus a infligé des peines de six et quatre ans de prison à deux citoyens accusés de vol et de mise à mort illégale de gros bétail.

Captura de Facebook / Tribunal Provincial Populaire de Sancti Spíritus

Selon le journal Escambray, le principal accusé a été condamné pour les délits de vol et de sacrifice illégal de gros bétail ainsi que pour le trafic de sa viande, et une peine conjointe de six ans de privation de liberté lui a été infligée.

Le deuxième n'a participé qu'au transport de la marchandise, c'est pourquoi il a été considéré responsable du second délit sous la forme de trafic de ses viandes, et a reçu une peine de quatre ans.

Le jugement s'inscrit dans le cadre du Troisième Exercice National de Prévention et de Lutte contre le délit, une campagne du régime qui privilégie la punition sur la solution, sans tenir compte du contexte social ou économique qui pousse de nombreux Cubains à recourir à ces pratiques.

Comme dans des cas récents à Holguín et à Camagüey, où des individus ont été condamnés à huit et six ans de prison pour ce type de crimes, les autorités insistent sur le caractère "exemplaire" de ces procédures, conçues pour envoyer un message d'avertissement à la population.

Au lieu d'appliquer des politiques restauratives ou de faire face à la dégradation du système agroalimentaire cubain, le gouvernement choisit de scénariser la répression, comme une formule de contenement face au désespoir populaire.

Crise structurelle et impunité réelle

La politique de châtiment public contraste avec l'abandon structurel de la campagne, où l'illégalité cesse d'être un acte isolé.

Le gouvernement soutient que le sacrifice illégal de bétail affecte l'économie et le présente comme une menace pour la sécurité nationale.

Cependant, cette narration officielle omet un point central : la pénurie est le résultat de décisions politiques et d'une gestion défaillante du secteur agroalimentaire, et non d'actions individuelles.

Au lieu de s'attaquer aux véritables causes de la crise - comme le manque de fournitures, la corruption institutionnelle et la précarité des agriculteurs - l'État ne s'en prend qu'aux bouchers.

Les jugements exemplaires, loin de dissuader, révèlent l'incapacité du gouvernement à garantir le droit fondamental à l'alimentation.

Les autorités insistent sur leur "fonction préventive" et sur le message qu'elles souhaitent faire passer à la population : la répression sera la voie pour freiner des délits qui, cependant, naissent de la faim et du besoin.

Les critiques avertissent que, sans solutions structurelles et sans accès réel à la viande, les condamnations exemplaires n'auront que peu d'effet pour contenir cette pratique.

Témoignages du terrain

Face à l'augmentation de la criminalité, certains agriculteurs ont choisi de vendre tout leur bétail en raison de la vague de vols impunis.

En avril, un producteur de la région de Vegas, entre Cárdenas et Santa Marta, a dénoncé que on lui a tué huit animaux en quelques jours, sans soutien ni protection.

En Matanzas, un autre campesino a rapporté la mise à mort de vaches gestantes et de taureaux, sans que l'État n'ait fourni de réponse concrète.

Alors que les paysans sont contraints de se débarrasser de leur bétail par crainte des voleurs et par manque de ressources, la chaîne criminelle se développe au gré de la nécessité.

Un mécanisme de contrôle, non de justice

Le Tercer Ejercicio Nacional -impulsé par Miguel Díaz-Canel depuis le Parti Communiste- combine des audits, des inspections énergétiques, une surveillance populaire et des jugements publics.

Plus qu'une campagne légale, il s'agit d'un dispositif massif de contrôle social. La pratique d'exposer les accusés devant les médias et la communauté vise à discipliner par la peur, non par la justice.

Avec plus de 9 000 personnes impliquées dans des crimes liés au bétail en 2024, selon les chiffres du Ministère de l'Intérieur, ce phénomène ne peut plus être considéré comme de la criminalité ordinaire.

C'est un symptôme d'une économie en déclin et d'un État qui ne garantit plus l'essentiel.

Au lieu de solutions structurelles, le régime recourt à la punition comme spectacle.

Mais punir la faim ne l'éradique pas. Cela ne fait que la cacher, temporairement, derrière un vernis judiciaire qui convainc de moins en moins ceux qui tentent de survivre.

Questions fréquentes sur les procès pour abattage illégal de bétail à Cuba

Pourquoi des peines aussi sévères sont-elles imposées pour le sacrifice illégal de bétail à Cuba ?

Le gouvernement cubain considère que le sacrifice illégal de bétail représente une menace pour l'économie nationale et la sécurité alimentaire. C'est pourquoi il impose des peines sévères dans le cadre d'une politique de sanctions exemplaires pour dissuader la population de commettre ces crimes. Cependant, ces mesures ne traitent pas les causes structurelles de la pénurie de viande dans le pays.

Quelles mesures le gouvernement cubain a-t-il prises pour lutter contre le sacrifice illégal de bétail ?

Le gouvernement a mis en œuvre le Troisième Exercice National de Prévention et de Lutte contre le Crime, qui inclut des actions telles que des audits, des inspections et des jugements publics pour renforcer le contrôle social. Cependant, ces mesures se concentrent davantage sur la punition que sur la résolution des problèmes de fond, comme le manque de ressources pour les agriculteurs.

Comment la pénurie de viande à Cuba affecte-t-elle la population ?

La pénurie de viande à Cuba a poussé de nombreux citoyens à se tourner vers le marché noir pour accéder à ce produit. Le manque d'accès à des protéines abordables et la crise économique ont contribué à faire du sacrifice illégal de bétail une pratique courante. Cela reflète l'incapacité du régime à garantir la sécurité alimentaire de la population.

Quelles sont les conséquences des procès exemplaires à Cuba ?

Les procès exemplaires sont utilisés par le régime pour envoyer un message d'avertissement à la population. Cependant, ces actions ne résolvent pas les causes sous-jacentes de l'illégalité, comme la pénurie alimentaire et le manque d'opportunités économiques. Au lieu de dissuader la criminalité, elles mettent en évidence l'absence de solutions structurelles de la part du gouvernement.

Quelle est la critique principale de la politique du gouvernement cubain concernant le sacrifice illégal de bétail ?

La critique principale est que le gouvernement se concentre sur la punition des individus sans aborder les causes structurelles de la crise alimentaire. Le manque de fournitures, la corruption institutionnelle et la désinsertion des paysans sont des problèmes non résolus. Ces politiques de répression ne garantissent pas le droit fondamental à l'alimentation et ne font que cacher le problème derrière une façade judiciaire.

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