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La sous-directrice générale des États-Unis au ministère des Relations extérieures (MINREX), Johana Tablada de la Torre, est montée une fois de plus au créneau pour lancer une tirade contre le nouveau mémorandum de sécurité nationale signé par le président américain Donald Trump, qui renforce l'embargo et interdit le tourisme des États-Unis vers l'île.
Faisant preuve de sa maîtrise du récit officiel -cette habitude de mélanger la propagande, le victimisme et le cynisme avec laquelle La Havane tente de déguiser sa responsabilité dans la tragédie nationale qu'elle impose depuis plus de six décennies-, la fonctionnaire a lancé une salve d'accusations histrioniques pour renforcer l'image vacillante du régime cubain.
Comment peut-on affirmer qu'en renforçant un embargo économique... ils aident le peuple cubain ? se demanda Tablada de la Torre sur ses réseaux sociaux. Sa publication -débordante de bile contre le Secrétaire d'État, Marco Rubio, et les hommes politiques cubano-américains- ne résiste pas au moindre exercice de logique.
La réponse est simple : en exerçant une pression sur un régime totalitaire qui a kidnappé la souveraineté nationale et qui utilise les ressources de l'État non pas pour améliorer la vie des Cubains, mais pour maintenir une machine répressive, une caste militaire-entrepreneuriale, et une élite qui a transformé la pauvreté du peuple en butin personnel. Ce n'est pas le peuple qui est la cible des sanctions ; c'est l'appareil qui l'opprime.
Comment peut-on justifier... que, en retirant des libertés et des droits aux deux peuples, on défend la liberté ?, a ajouté-t-elle. Il faudrait lui demander à quelles libertés elle fait référence. À celles que son gouvernement nie systématiquement aux Cubains ? À la liberté de s'exprimer sans risquer d'être emprisonné, comme tant de journalistes, d'activistes et d'artistes indépendants ? À celle de s'associer ou de fonder un parti, comme l'interdit la Constitution imposée par le PCC ? Ou à celle de prospérer sans dépendre du réseau clientéliste d'une entreprise militaire comme GAESA ?
Tablada de la Torre semble oublier qu'à Cuba, il n'y a pas d'élections libres, ni de séparation des pouvoirs, ni de presse indépendante, ni de garanties judiciaires. Il parle de "lever des droits" comme si le régime qu'il représente n'avait pas institutionnalisé la répression comme forme de gouvernement et politique d'État. Le comble de son hypocrisie est de parler d'"asphyxie" lorsque son régime asphyxie quotidiennement des millions de Cubains sous le contrôle, la surveillance et la peur.
Comment peut-on criminaliser les voyages, le commerce, le moyen de subsistance d'un pays et naturaliser le blocus le plus inhumain ? Ce que criminalise les États-Unis, ce ne sont pas les voyages ni le commerce, mais le financement d'institutions militaires et répressives qui contrôlent et gèrent de manière opaque le secteur touristique, les importations et les exportations, l'économie en dollars, et dont le seul soutien offert à la population se trouve dans le carnet de rationnement ou dans leurs magasins en dollars, cette monnaie avec laquelle ils ne paient pas leurs travailleurs.
Ce qui est réglementé, ce sont les transactions avec des entités qui ne représentent pas le peuple, mais un appareil de domination. Ce que l'on cherche à limiter, c'est le business opaque des généraux, non le contact humain entre les peuples. Et si l'on parle de "cerveau inhumain", cela pourrait commencer par celui que le régime impose en interdisant aux cubains de sortir librement du pays ou de décider de leur propre destin sans craindre la persécution ou l'exil.
Dans son emportement propagandiste, Tablada de la Torre a incriminé Rubio en tant qu'architecte de chaque mesure contre le régime. Il l'a présenté comme s'il était omnipotent, capable de contrôler le cabinet présidentiel et de dicter la politique étrangère de la première puissance mondiale. Cette théorie du complot permanent contre Cuba est vieille, fatigante et surtout, inefficace.
Le nouveau mémorandum n'est rien d'autre que la continuité d'une politique qui fait la distinction entre le peuple cubain et ceux qui le répriment. Il soutient l'accès à un internet libre, les médias indépendants, l'émergence d'une véritable économie privée et l'affaiblissement de structures comme GAESA, qui concentrent le pouvoir économique du pays entre les mains d'une caste militaire.
Que Tablada de la Torre l'appelle "paquetico" ne le rend pas moins percutant. Ce qui dérange le régime, ce n'est pas le contenu, mais son efficacité. Car il sait que le véritable siège n'est pas imposé par Washington, mais celui qu'ils ont eux-mêmes construit autour de la liberté, du droit de choisir, de la possibilité de changement.
Si vraiment ils se souciaient de la douleur des familles cubaines, le gouvernement auquel sert Tablada de la Torre ouvrirait un processus de transition démocratique, permettrait des élections libres et pluralistes, respecterait les droits de l'homme et mettrait fin au contrôle absolu qu'il exerce sur la vie nationale. Mais ils préfèrent continuer à jouer sur le victimisme, les conspirations et le ressentiment.
Tant que cela n'arrivera pas, chaque mesure qui affaiblit le régime et renforce le citoyen sera non seulement justifiée, mais nécessaire.
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