La presse officielle cubaine parle de "vol" d'un pétrolier, tandis que le Venezuela admet une opération conjointe avec les États-Unis.



Chaque navire arrêté réduit les options de carburant pour Cuba, qui traverse la pire crise énergétique de son histoire.

Barco pétrolier, image de référenceFoto © CiberCuba / Sora

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Les fissures du discours officiel cubain ont de nouveau été mises en évidence après la dénonciation du prétendu vol d'un pétrolier dans les Caraïbes, qui s'est avéré faux, à un moment où le régime est de plus en plus vulnérable en raison de sa profonde dépendance énergétique vis-à-vis de l'axe Caracas–La Havane, désormais en déclin.

L'économiste cubain Pedro Monreal a publiquement remis en question l'information diffusée par Cubadebate, après que ce dernier ait qualifié d'"vol" l'interception du pétrolier Olina par les États-Unis.

"Coordonnez-vous mieux. Il se trouve qu'il y a un communiqué officiel vénézuélien qui ne parle pas de 'vol', mais de la 'première opération conjointe réussie' entre les États-Unis et le Venezuela," a souligné sur X.

La critique survient après la publication d'un communiqué officiel vénézuélien qui qualifie l'événement d'opération conjointe et coordonnée entre Washington et Caracas, contredisant ouvertement la version diffusée depuis La Havane.

Cubadebate a affirmé que la Garde côtière américaine a "capturé" le navire Olina près de Trinité-et-Tobago, qualifiant cet événement de "vol", et a présenté l'action comme faisant partie d'une prétendue "fausse narration" de Washington concernant le rétablissement de la sécurité hémisphérique.

Dans son texte, le média officiel du régime a insinué que l'opération aggraverait les tensions avec la Russie, pays vers lequel le navire aurait transporté du carburant, et a présenté l'incident comme un acte unilatéral de force de la part des États-Unis.

Cependant, un rapport de l'agence EFE a confirmé que le gouvernement vénézuélien a reconnu officiellement que l'interception du pétrolier - également identifié comme Minerva - a été effectuée dans le cadre d'une action coordonnée entre Caracas et Washington.

Le Ministère des Hydrocarbures et la société d'État PDVSA ont informé qu'il s'agissait d'une "opération réussie conjointe" qui a permis le retour du navire en eaux vénézuéliennes, après qu'il soit sorti sans autorisation ni paiement des autorités du pays sud-américain.

Le propre président américain Donald Trump a affirmé que l'opération a été exécutée "en coordination avec les autorités intérimaires du Venezuela".

Dans son compte Truth Social, il a détaillé que l'intervention a été menée par des marines déployés depuis le porte-avions USS Gerald R. Ford, dans une action impliquant le Département de la Défense et le Département de la Sécurité intérieure.

Le pétrole saisi, a-t-il déclaré, serait vendu par le biais d'un mécanisme créé par son administration pour ce type d'opérations.

Pour sa part, le Commandement Sud a souligné que l'opération visait à envoyer un "message clair" contre les activités illégales transnationales et s'est déroulée sans résistance.

Le pétrolier Olina -anciennement appelé Minerva M- figure sur la liste des navires sanctionnés par les États-Unis en raison de sa prétendue implication dans le transport des exportations d'énergie russes destinées à financer la guerre en Ukraine, selon le New York Times.

La reconnaissance d'une coopération directe entre Washington et Caracas est particulièrement pertinente, après l'arrestation de Nicolás Maduro et peu après que la vice-présidente Delcy Rodríguez ait annoncé un processus "exploratoire" pour rétablir des canaux diplomatiques avec les États-Unis.

Cette reconfiguration politique et énergétique laisse le régime cubain dans une position particulièrement fragile. Pendant plus de deux décennies, Cuba a maintenu son système électrique et une grande partie de son économie grâce au pétrole vénézuélien.

L'effondrement du chavisme et la perte de ce soutien stratégique ont exposé La Havane à une profonde crise énergétique, marquée par des coupures de courant prolongées, une pénurie de combustible et une dépendance croissante à des envois externes de plus en plus instables.

L'interception de l'Olina s'ajoute à une série de saisies et d'abordages de pétroliers où les États-Unis ont agi contre des réseaux de transport de pétrole sanctionné, une pratique qui menace directement les voies alternatives que le régime cubain a utilisées pour atténuer son déficit énergétique.

Chaque embarcation arrêtée ou détournée représente une pression supplémentaire sur la capacité déjà précaire de Cuba à garantir du carburant à son système électrique et à des secteurs stratégiques de l'économie.

Dans ce contexte, l'insistance de Cubadebate à qualifier l'opération de "vol" ne se contente pas de s'opposer aux communiqués officiels de Caracas et de Washington, mais elle révèle également la déconnexion de l'appareil de propagande cubain face à une réalité qui devient de plus en plus défavorable pour le régime.

L'évidence d'une coopération entre les États-Unis et le nouveau scénario vénézuélien contribue à l'isolement croissant de La Havane et anticipe une période encore plus complexe pour un système qui dépend de manière critique du pétrole externe pour se maintenir.

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