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Le président des États-Unis, Donald Trump, a retiré ce jeudi l'invitation au Premier ministre du Canada, Mark Carney, pour rejoindre le Conseil de la Paix pour Gaza, une initiative internationale soutenue par la Maison Blanche et présentée cette semaine à Davos comme une alternative au système des Nations Unies.
“Cher Premier Ministre Carney : Par la présente, je vous informe que le Conseil de la Paix retire l'invitation pour que le Canada rejoigne ce qui sera le Conseil des Leaders le plus prestigieux jamais réuni”, a écrit Trump sur son compte officiel de Truth Social.
La décision, annoncée dans la matinée de jeudi, intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Washington et Ottawa. Selon l'agence EFE, Carney avait exprimé des réserves concernant l'ampleur et la gouvernance du nouvel organisme, demandant des garanties sur son mandat et sa transparence avant de formaliser l'adhésion du Canada.
Les analystes interprètent le geste de Trump comme une tentative de limiter la participation de dirigeants qui pourraient contester ou conditionner les décisions du Conseil, un projet que le président américain a décrit comme « le plus prestigieux ensemble de dirigeants jamais réuni ».
Une Assemblée parallèle à l'ONU
La Junta de la Paix a été présentée officiellement au Forum Économique Mondial de Davos comme un forum international destiné à promouvoir la stabilité et la reconstruction de Gaza, bien que son mandat, selon des documents préliminaires, ait une portée mondiale. Dans les jours précédents, Trump avait déclaré que l'initiative “pourrait remplacer l'Organisation des Nations Unies”, considérant que l'organisme multilatéral “n'a pas été à la hauteur de son potentiel”.
Le président américain préside de manière indéfinie le Conseil exécutif fondateur, composé de son gendre Jared Kushner, du secrétaire d'État Marco Rubio, de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et de l'homme d'affaires Steve Witkoff.
Le modèle de financement a également suscité des controverses : les pays désirant un siège permanent doivent fournir une contribution d'un milliard de dollars, une condition que plusieurs gouvernements ont qualifiée de restrictive.
Réactions partagées
Jusqu'à présent, 35 chefs d'État et de gouvernement ont accepté de rejoindre le nouvel organisme, selon des données de la Maison Blanche. L'Europe a demandé plus de détails avant de formaliser sa participation, tandis que Trump a affirmé que le président russe, Vladimir Poutine, “a accepté de se joindre à l'organisme”, bien que le Kremlin n'ait pas confirmé cette information.
Lors du lancement à Davos, le secrétaire d'État Marco Rubio a célébré la création du forum et a affirmé qu'il représente “le début d'une nouvelle ère”. Dans son discours, il a souligné que “c'est un groupe de leaders engagés dans l'action, et le président des États-Unis est un président d'action, de résultats”.
Rubio, qui préside le comité exécutif aux côtés de Witkoff et Blair, a expliqué que l'objectif est de « transformer la diplomatie en résultats concrets » et de promouvoir « une paix durable et un gouvernement fiable dans les zones touchées par des conflits ».
La décision de Trump d'exclure Ottawa pourrait reconfigurer l'équilibre interne du Conseil, qui cherche à se consolider en tant qu'espace de pouvoir parallèle au système des Nations Unies et une plateforme centrale de la politique étrangère américaine dans le nouveau paysage mondial.
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