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Le gouvernement russe a qualifié d'“alarmantes” les informations qui circulent dans les médias américains concernant un prétendu plan du gouvernement de Donald Trump pour imposer un blocus naval total à Cuba, dans le cadre d'une stratégie visant à forcer un changement politique sur l'île.
Moscou, traditionnel allié du régime cubain, a réagi avec fermeté face à cette possibilité, réaffirmant son engagement envers La Havane au milieu d'une escalade régionale qui inclut la récente opération militaire américaine contre le Venezuela.
"C'est une information alarmante."
Dmitri Peskov, porte-parole présidentiel russe, a averti ce dimanche que le Kremlin suit de près les rapports concernant une éventuelle manœuvre de blocage de la part de Washington.
“Nous avons lu de nombreuses informations à ce sujet. C'est une information alarmante”, a déclaré Peskov devant la presse locale, selon ce que rapportent les agences EFE et Interfax.
Le porte-parole a souligné que la Russie n'est pas étrangère à la position cubaine face à une possible offensive américaine.
“Nous savons que nos camarades cubains sont totalement déterminés à défendre leurs intérêts, défendre leur indépendance”, a-t-il affirmé.
De plus, il a réaffirmé la valeur stratégique que Moscou accorde à ses liens avec le gouvernement de Miguel Díaz-Canel.
“Nous attachons également une grande valeur à nos relations bilatérales avec Cuba”, a conclu Peskov.
Scénario post-Maduro et menace énergétique
Les déclarations de Peskov interviennent à un moment de tension maximale après le renversement du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces américaines, qui ont mené une opération militaire le 3 janvier dernier.
Les États-Unis, selon des rapports de Politico et du Wall Street Journal, envisagent de répéter la formule à Cuba : pression énergétique, blocus maritime et négociation directe avec des secteurs du gouvernement cubain.
Sur les réseaux sociaux, Trump lui-même a menacé La Havane de couper tout approvisionnement en pétrole, ce qui pourrait se transformer en un blocus naval.
« Je vous invite vivement à parvenir à un accord avant qu'il ne soit trop tard (...). Il n'y aura plus de pétrole ni d'argent pour Cuba. Zéro ! », a averti le président américain après la capture de Maduro.
Les médias américains ont décrit ce nouveau plan comme une prolongation de l'offensive au Venezuela, où, en plus du déploiement militaire, une zone d'exclusion aérienne et un embargo sur le pétrole ont été imposés.
L'objectif à Cuba serait de faire pression jusqu'à ce que certains membres de l'exécutif recherchent un accord avec Washington qui entraîne une transition politique.
Moscou renforce son soutien à La Havane
Le soutien russe à Cuba ne se limite pas aux déclarations. En mars 2025, les deux pays ont signé un accord de coopération militaire, qui a encore renforcé l'alliance bilatérale.
La semaine dernière, le ministre de l'Intérieur russe, Vladímir Kolokóltsev, a visité La Havane et a rencontré Raúl Castro.
Dans ce contexte, il a fermement condamné l'intervention américaine au Venezuela, la qualifiant d'« agression militaire ».
Kolokóltsev a également exprimé ses condoléances aux familles des victimes : « Nous adressons nos condoléances aux familles et aux proches des agents du Ministère de l'Intérieur et des Forces Armées Révolutionnaires qui ont perdu la vie lors de ces événements tragiques ».
Pour sa part, le président russe Vladímir Poutine a exprimé sa solidarité avec l'île.
« Moscou se solidarise avec la détermination à défendre sa souveraineté et son indépendance », a déclaré récemment depuis le Kremlin, tout en évitant des critiques directes à l'égard de Trump concernant la chute de Maduro.
Une alliance stratégique sous pression
La Russie est actuellement l'un des principaux partenaires commerciaux et stratégiques de Cuba.
La possibilité d'un blocus naval américain ravive les fantômes de la guerre froide, lorsque l'île des Caraïbes était le centre de l'une des plus grandes crises internationales du XXe siècle.
Aujourd'hui, bien que le contexte ait changé, la menace d'une intervention directe sur Cuba remet le pays au cœur des tensions entre grandes puissances.
Moscou, qui a accroissé sa présence diplomatique et militaire en Amérique latine ces dernières années, observe avec inquiétude toute tentative de Washington de redéfinir la carte géopolitique régionale par la force.
La posture exprimée par Peskov renforce le message selon lequel la Russie ne restera pas indifférente face à une éventuelle escalade contre La Havane.
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