Luis Silva à propos d'Arleen : « Quand on veut justifier l'injustifiable, on tombe dans le ridicule. »



Arleen Rodríguez Derivet et Luis Silva "Pánfilo".Photo © Collage/Capture de Vidéo/RT et Facebook/Luis Silva "Pánfilo".

La phrase polémique de la journaliste officielle Arleen Rodríguez Derivet concernant José Martí et l'électricité continue de provoquer des réactions fortes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de Cuba. Cette fois, c'est Luis Silva, l'acteur cubain qui a incarné pendant des années le personnage populaire de Pánfilo dans Vivir del Cuento, qui a élevé la voix avec fermeté depuis l'exil.

« Quand on veut justifier l'injustifiable, on tombe dans ce genre de ridicule », a écrit Silva sur ses réseaux sociaux, en référence directe au commentaire d'Arleen lors d'une interview avec l'ancien président équatorien Rafael Correa, où elle a tenté de relativiser les coupures de courant en affirmant que « José Martí n'a pas connu la lumière électrique ».

Captura de Facebook/Luis Silva Pánfilo

L'acteur, connu pour son humour critique, a accompagné sa publication de moqueries sur l'expression faciale de Correa au moment de l'échange. "Le visage de Correa est digne d'un prix Oscar. Ah, Arleen. Nous sommes au XXIe siècle", a-t-il ajouté, reprenant la phrase avec laquelle l'ancien président a stoppé net la journaliste en plein entretien.

Les paroles de Silva n'ont pas échappé à l'attention. Sa réaction revêt une importance symbolique particulière : pendant des années, il a incarné à la télévision nationale un retraité havanais qui, à travers l'humour, dépeignait la pénurie, les coupures de courant, la bureaucratie et les contradictions du système. Cet humour a finalement fini par déranger le pouvoir. L'émission a été retirée de l'antenne et Silva a fini par émigrer aux États-Unis.

C'est pourquoi sa critique résonne avec un sentiment largement partagé parmi les Cubains. Ce n'est pas seulement une moquerie à l'égard d'une phrase malheureuse, mais un rejet catégorique de la logique consistant à justifier la précarité en invoquant le sacrifice historique. Dans un pays où les coupures de courant dépassent 40 heures consécutives dans plusieurs provinces, minimiser la crise depuis un bureau éclairé a été perçu comme une provocation.

La réaction de Luis Silva s'inscrit dans une vague d'indignation qui a impliqué des intellectuels, des animateurs, des psychologues et des citoyens ordinaires. Pour beaucoup, le problème n'était pas seulement l'erreur historique, Martí a effectivement connu et écrit sur l'électricité, mais plutôt la tentative de normaliser l'obscurité comme un destin.

Alors que des voix officielles se sont levées pour défendre Arleen Rodríguez au nom de l'amitié ou de la Révolution, d'autres figures publiques ont tracé des limites éthiques claires. De Laritza Camacho à des milliers d'utilisateurs sur les réseaux sociaux, le message est répétitif : Martí ne doit pas être utilisé pour justifier l'effondrement.

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