Ulises Toirac le refait : Il porte à nouveau un coup à le discours officiel



Ulises Toirac (i) et Miguel Díaz-Canel (d)Photo © Collage Facebook/Ulises Toirac - YouTube/Capture d'écran-Présidence de Cuba

En moins de 24 heures, l'humoriste cubain Ulises Toirac a démonté pour la deuxième fois avec ironie et lucidité le discours officiel du gouvernement sur la crise.

Dans une nouvelle et vaste publication publiée sur , l'acteur et scénariste a dénoncé l'appel à supporter davantage de sacrifices dans un pays où - selon ses dires - on ne vit plus, on survit.

Loin du sarcasme superficiel, Toirac porte un coup direct au triomphalisme gouvernemental en remettant en question la légitimité de continuer à exiger des efforts de ceux qui ont déjà tout donné, tandis que d'autres vivent dans une bulle de privilèges.

Toirac a mis en lumière là où cela fait le plus mal : il n'est pas possible de continuer à demander des sacrifices dans un pays où des millions survivent avec la faim, des coupures de courant et l'inflation, tandis qu'une minorité demeure dans l'opulence.

“La situation personnelle compte, bien sûr”, écrit-il, avant de résumer le drame de nombreux Cubains : “Il mange déjà une fois par jour, avec plus de coupures de courant qu'un luciole dyslexique et une inflation qui l'oblige à dépenser plus en transport pour aller au travail qu'il ne gagne.”

Mais il ne se limite pas à se plaindre. L'humoriste propose "un petit effort" d'abstraction pour réfléchir au pays, bien que la situation ne s'améliore pas avec la distance.

La phrase de Díaz-Canel “des temps difficiles viendront” n'est pas pour lui un point de départ, mais une confirmation que le pays est en crise depuis un certain temps et se prépare maintenant à sombrer encore plus.

« Cela fait déjà deux ans que le manque de combustible est un problème », souligne-t-il ; et il décrit comment cela paralyse le pays : « Il n'y a personne pour travailler là où le combustible ne permet pas de se déplacer, de se connecter, d'allumer un ordinateur ou... La richesse est foutue. »

Le sacrifice comme abus : Inégalité déguisée en épique

La critique la plus dévastatrice de Toirac n'est pas technique, mais morale. Elle remet en question la légitimité du discours officiel qui insiste sur l'appel au sacrifice national lorsque la majorité n'a plus rien à offrir.

Y le résume dans une phrase lapidaire : « Le sacrifice (il est temps de le dire) est de sacrifier la vie ».

À partir de là, ce que cela révèle, c'est l'immoralité de l'inégalité, non pas comme un résultat, mais comme un point de départ d'un système qui ne répartit ni la douleur ni la responsabilité.

“Lorsque des gens sont dans le plus profond dénuement tandis que d'autres vivent dans une opulence qui les déconnecte du reste”, avertit, le discours épique perd toute autorité.

L'économie ignorée, la politique déconnectée

Toirac se souvient également de la manière dont la direction du pays a ignoré pendant des années des voix, des propositions et des idées qui sortaient du cadre établi.

“On n'a jamais entendu d'opinion différente, on n'a pas écouté ceux qui s'opposaient (qui dans de nombreux cas n'étaient pas opposés au système mais à ‘quelque chose’ que l'on voulait imposer)”, et ceux qui alertaient étaient taxés d'être “au service de l'ennemi”.

À ce mépris pour la connaissance économique, Toirac oppose une vérité simple : « L'économie n'est ni capitaliste ni socialiste, c'est simplement de l'économie ».

E ironise avec une citation du chanteur-compositeur Carlos Varela, qu'il immortalise comme "académique" : “La politique ne rentre pas dans le sucrier”.

Le résultat, dit-il, est que les plans actuels ne sont pas conçus pour sortir le pays du gouffre, mais pour gagner du temps, ce qui n'est qu'une aggravation du mal, "car sinon... c'est un prolongement de l'agonie. Et continuer l'extermination".

L'avertissement final : lorsque le pays n'en peut plus

Ulises Toirac ne fait pas de l'humour... Son message n'est pas seulement un exutoire personnel : c'est un appel à la lucidité collective.

La Cuba d'aujourd'hui ne tient pas bon : elle s'épuise, et insister pour demander encore plus au peuple tout en protégeant les privilégiés, ce n'est pas gouverner : c'est laisser mourir.

Et là, précisément, il lance son avertissement le plus sévère : continuer à exiger davantage de celui qui n'a déjà plus rien n'est pas une résistance, c'est une forme d'extermination sociale.

C'est dilater l'agonie d'un pays au bord de l'effondrement. C'est prétendre qu'un autre dénouement peut sortir de ce scénario, alors que le film s'est déjà fini depuis longtemps.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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