La presse russe dénonce le débarquement de ses touristes des hôtels de luxe à Cuba et l'annulation des excursions



Hôtel Grand Muthu Imperial, l'un des hôtels qui a été ferméFoto © muthuhotelsmgm.com

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Des médias russes dénoncent que des milliers de touristes de ce pays sont en train d'être évacués des hôtels de luxe en raison de la grave crise énergétique que traverse l'île.

À l'annulation des excursions et à la fermeture temporaire de stations emblématiques s'ajoute une inquiétude croissante dans le secteur touristique concernant les répercussions de cette situation sur la réputation de Cuba en tant que destination internationale.

L'alerte a été diffusée initialement par la chaîne russe de Telegram SHOT et relayée par des agences comme TourProm.

Selon ces sources, “les touristes russes sont évacués des hôtels de luxe à Cuba et des excursions sont annulées”, un scénario qui a suscité l'inquiétude parmi les voyageurs et les opérateurs touristiques.

Le coup le plus dur est tombé sur Cayo Coco, une île connue pour ses plages de sable blanc et ses chaînes hôtelières exclusives.

“Sept hôtels ont déjà fermé temporairement”, a rapporté SHOT, dans une liste qui inclut l'Hôtel Grand Muthu Imperial, Iberostar Origin Playa Pilar, Gran Caribe Camino del Mar, Hôtel Tryp Cayo Coco, Hôtel Mojito, Hôtel Iberostar Daiquiri et l'Hôtel Sol Guillermo. 

Les touristes concernés ont été “réaffectés en urgence” dans des hébergements de catégorie inférieure ou dans d'autres zones de l'île.

Ce changement implique non seulement une différence au niveau du confort, mais aussi une altération substantielle des conditions initialement contractées pour les vacances.

La racine du problème, soulignent les sources russes, réside dans la "grave pénurie de diesel et d'essence" qui affecte Cuba depuis plusieurs mois.

La situation a partiellement paralysé le transport, a limité l'utilisation des générateurs électriques dans les hôtels et a obligé à suspendre des services essentiels dans les installations touristiques.

TourProm avertit que “sans un approvisionnement garanti en combustible pour les systèmes électriques et les véhicules de service, les hôtels ne peuvent pas offrir le niveau de service promis”.

Cela a amené la direction de nombreux hôtels à « suspendre temporairement l'admission des clients pour protéger la marque et maintenir les normes de sécurité de base ».

Excursions annulées et vacances gâchées

La pénurie de carburant a également entraîné la suspension des excursions touristiques. “De plus, des excursions de longue distance sont annulées en raison de la pénurie de carburant”, ont indiqué des médias comme TourProm.

Des itinéraires populaires comme les visites de Trinidad, Cienfuegos ou même La Havane ont été affectés, limitant ainsi drastiquement les options de loisirs pour les visiteurs.

Les voyageurs ont dû se résigner à des activités locales ou, dans certains cas, à modifier complètement leurs plans.

«Cette situation affecte significativement leurs vacances, en particulier pour ceux qui ont choisi un resort spécifique en raison de son infrastructure, de sa plage ou de la qualité gastronomique», soulignent les médias russes.

Communiqués diplomatiques et réponse officielle russe

Face au mécontentement croissant, l'ambassade de Russie à La Havane a confirmé la situation par le biais d'un communiqué.

«Les touristes russes à Cuba sont en train d'être relocalisés dans d'autres hôtels en raison de la faible occupation et des problèmes avec l'approvisionnement en électricité», a informé la mission diplomatique, qui a assuré maintenir un contact permanent avec les opérateurs touristiques et les autorités cubaines.

De son côté, l'Union Russe de l'Industrie Touristique (RST) a signalé que certains hôtels à Varadero et Cayo Coco « fermeront jusqu'à l'automne en raison de la faible occupation ».

Dans ces cas, les voyageurs seraient transférés “dans des hôtels de catégorie similaire ou supérieure”, bien que les témoignages sur les réseaux sociaux suggèrent que dans de nombreux cas, les réaffectations ont été vers des installations de niveau inférieur.

Impact sur l'image de Cuba en tant que destination

Actuellement, on estime qu'il y a entre 3 500 et 4 000 citoyens russes à Cuba. Cette situation représente un défi réputationnel majeur pour le secteur touristique cubain, historiquement dépendant de marchés tels que le russe, le canadien ou l'européen.

Turistes expérimentés et agences russes s'accordent à dire qu'en voyageant à Cuba, "il est sage de prendre en compte l'imprévisibilité".

Certains recommandent d'opter pour de grandes chaînes hôtelières internationales, qui ont généralement plus de capacités pour atténuer les effets des crises locales, ou de choisir des complexes touristiques proches des grandes villes, où l'accès aux infrastructures et aux transports est plus fiable.

Recommandations et possibles compensations

Les experts du secteur touristique recommandent aux personnes concernées de contacter immédiatement leurs tour-opérateurs ou représentants locaux.

Ces agences sont responsables de négocier des relocalisations ou des compensations en cas de modification substantielle des conditions contractuelles.

Parallèlement, de nombreuses agences mettent à jour leurs catalogues et “retirent temporairement de la vente les hôtels problématiques”.

Il est également conseillé à ceux qui prévoient un voyage à Cuba, et en particulier à Cayo Coco, de se renseigner à l'avance sur l'état actuel des hôtels et des transports aériens, car "la situation est dynamique" et pourrait évoluer dans les semaines à venir.

La presse russe souligne que ce n'est pas un fait isolé. « Les événements actuels ne sont pas inhabituels pour le secteur touristique cubain », affirment-ils.

Les crises périodiques de carburant, d'électricité et d'aliments ont affecté à plusieurs reprises la qualité des vacances sur l'île, générant de l'incertitude parmi les opérateurs et les visiteurs.

Cuba, historiquement l'une des destinations préférées des touristes russes pour son climat chaud, son régime sans visa et son offre de complexes tout compris, subit donc un coup dur à son image touristique.

L'imprévisibilité de la situation énergétique, combinée à la baisse de l'occupation hôtelière, met en péril la durabilité d'un secteur vital pour l'économie cubaine.

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