
Vidéos associées :
Un rapport de l'organisation non gouvernementale Food Monitor Program (FMP) avertit que le tissu socio-économique cubain articule corruption, clientélisme et discrétion dans le fonctionnement du secteur privé.
L'organisation, qui surveille la sécurité alimentaire sur l'île, soutient que, bien qu'il existe un cadre juridique formel pour les micro, petites et moyennes entreprises, en pratique, des systèmes informels de privilège déterminent qui accède aux ressources, aux autorisations et à la protection institutionnelle.
Selon l'analyse, la promotion étatique des MIPYMES a été présentée comme une politique d'ouverture et de dynamisation économique.
Cependant, sa mise en œuvre a été marquée par des sélectivités et des limites politiques implicites qui ont engendré une fracture entre les entreprises soutenues politiquement et les affaires de simple survie.
Le rapport décrit que les acteurs alignés avec des structures étatiques et des réseaux familiaux ou administratifs liés à l'appareil institutionnel concentrent les plus grandes opportunités d'accumulation.
En d'autres termes : les entreprises privées à Cuba, liées à l'élite du régime, bénéficient d'avantages et de facilités. Deux exemples en sont les affaires de Sandro Castro, petit-fils du dictateur Fidel Castro, et également le développement notoire dont jouit Tamara Marrero Cruz, sœur du Premier ministre Manuel Marrero Cruz, qui mène une vie de privilèges dans un Cuba parallèle qui n'a rien à voir avec celle du citoyen ordinaire.
Ces entreprises ont un accès plus facile aux devises, aux importations, à la stabilité réglementaire et à la tolérance vis-à-vis des inspections, a souligné FMP.
En contraste, d'autres entreprises opèrent sous une forte incertitude, un contrôle fréquent et des restrictions arbitraires.
FMP souligne que l'entrepreneuriat autorisé est subordonné à la logique du pouvoir.
Bien qu'il existe un cadre réglementaire, le fonctionnement réel dépend de règles non écrites, d'une attribution discrétionnaire des licences, d'un accès privilégié aux devises fortes et d'une surveillance sélective des marchés de gros.
L'État, ajoute le document, renforce ces asymétries par le biais de monopoles, de plafonds de prix appliqués de manière inégale et de restrictions sur l'objet social de nombreuses MIPYMES, consolidant ainsi un schéma où l'accumulation privée se concentre sur des acteurs politiquement fiables.
Le rapport conclut qu'avancer vers une véritable justice économique nécessiterait une égalité réelle des conditions, un accès transparent aux intrants et aux importations, des crédits, des devises à un taux de change réaliste, ainsi qu'une supervision impartiale et indépendante de toute affiliation ou loyauté politique.
Archivé dans :