Le président Donald Trump a annoncé que l' Opération Fureur Épique, la campagne militaire conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, pourrait durer "quatre semaines ou moins", et dans d'autres déclarations, il a élargi cet horizon à "cinq semaines".
La opération, lancée le 28 février, continue son avance au troisième jour avec un bilan de centaines de morts et une escalade régionale sans précédent.
Trump l'a décrite comme "l'une des offensives militaires les plus grandes, complexes et écrasantes que le monde ait jamais vues" et a affirmé qu'il poursuivra "jusqu'à ce que tous nos objectifs soient atteints". En même temps, il a souligné qu'il pourrait "terminer cela en deux ou trois jours" s'il décidait de se retirer, mais il a clairement indiqué qu'il ne le fera pas.
Dans les 36 premières heures de l'opération, plus de 1 000 objectifs iraniens ont été attaqués par voie aérienne et maritime, y compris des installations nucléaires à Natanz, Isfahan et Fordow, des casernes de la Garde révolutionnaire, des systèmes de défense aérienne et le quartier général naval iranien. Trump a déclaré que les principales installations d'enrichissement nucléaire d'Iran "ont été complètement et totalement détruites".
Parmi les résultats les plus significatifs des bombardements, on note la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, dirigeant suprême de l'Iran depuis 1989, confirmée par les autorités iraniennes elles-mêmes. Le président américain a également affirmé que 48 hauts fonctionnaires iraniens avaient été éliminés et que "toute la chaîne de commandement militaire a disparu".
Parmi les fonctionnaires décédés se trouvent le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh, le commandant de la Garde révolutionnaire Mohammad Pakpour et le conseiller Ali Shamkhani. Neuf navires de guerre iraniens ont été détruits et coulés, comme l'a confirmé Trump via son réseau Truth Social.
Au troisième jour du conflit, ce 2 mars, la Croix-Rouge iranienne a signalé entre 555 et 600 morts en Iran, avec des impacts dans 131 villes. Du côté américain, au moins trois militaires sont morts et cinq ont été blessés. Trump a promis de venger les soldats tombés.
Israël, de son côté, a mobilisé près de 100 000 réservistes dans le cadre de son opération intitulée "Le Rugissement du Lion" et a ouvert un front supplémentaire contre Hezbollah au Liban, où 31 morts et 149 blessés ont été signalés. Le ministre de la Défense israélien Israel Katz a qualifié l'opération conjointe de "frappe préventive" visant à "éliminer les menaces à l'État d'Israël".
Irán a répondu par des missiles contre Jérusalem Est, Tel Aviv et Haïfa, et a lancé 15 missiles de croisière contre une base aérienne américaine au Kuwait, en plus d'attaquer des navires dans lOcéan Indien. Les explosions se sont étendues aux Émirats Arabes Unis, au Koweït, au Qatar et à Bahreïn, des pays qui abritent des bases militaires américaines.
La raffinerie saoudienne de Ras Tanura, l'une des plus importantes au monde, a été paralysée par un drone iranien, ce qui aggrave l'impact économique mondial du conflit. Les aéroports dans la région du Golfe Persique ont également suspendu leurs opérations.
Malgré l'ampleur des attaques, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a catégoriquement rejeté toute possibilité de dialogue. "Nous ne négocierons pas avec les États-Unis", a publié Larijani sur X (anciennement Twitter) ce lundi, démentant les affirmations de Trump selon lesquelles l'Iran "voulait négocier". Larijani a également accusé Trump d'avoir remplacé "L'Amérique d'abord" par "Israël d'abord".
Après la mort de Jamenei, l'Iran a formé un Conseil de Leadership tripartite provisoire composé du président Masoud Pezeshkian, du chef judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei et Alireza Arifi, lors d'une crise de succession sans précédent dans l'histoire de la République islamique.
Trump n'a pas exclu l'utilisation de troupes terrestres en Iran et a exhorté la Garde révolutionnaire à déposer les armes. Pour ce 2 mars, à 8h00 heure locale, une conférence de presse du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et du chef d'état-major interarmées Dan Caine était prévue.
La Opération Furia Épica représente la plus grande action militaire directe des États-Unis contre l'Iran depuis des décennies et la première ayant entraîné la mort du leader suprême iranien. L'administration Trump a justifié l'opération en invoquant "47 ans d'agression iranienne" et la menace nucléaire imminente.
Avec un Iran sans chaîne de commandement claire, sans installations nucléaires opérationnelles, selon Washington, et avec un front régional en expansion, le conflit entre dans une phase de haute incertitude, dont le dénouement dépendra en grande partie des prochaines décisions militaires et diplomatiques de toutes les parties impliquées.
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