Le chancelier du Panama se rendra à Cuba pour gérer le cas des 10 citoyens panaméens détenus

Le chancelier du Panama, Javier Martínez-Acha, se rendra à Cuba pour s'occuper du cas des Panaméens détenusPhoto © FB/Javier Martínez-Acha

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Le chancelier du Panama, Javier Martínez-Acha, a annoncé qu'il se rendrait à Cuba pour discuter avec les autorités du cas de dix citoyens panaméens détenus à La Havane et accusés par le régime de faire de la propagande contre l'ordre constitutionnel.

Le chef de la diplomatie panaméenne a assuré que les détenus “se trouvent dans des conditions appropriées” et reçoivent une assistance consulaire, selon l'agence EFE.

Arrêtés à la fin février après avoir été accusés par le ministère de l'Intérieur d'effectuer des graffitis critiques contre le système politique de l'île, les détenus ont déjà reçu une assistance consulaire de la l'ambassadeur du Panama à Cuba, Edwin Pitty, qui les a récemment visités à Villa Marista, centre de détention de la Sécurité de l'État à La Havane.

« J'ai exprimé mon intention de les visiter. Il faut coordonner les détails et j'espère pouvoir voyager à La Havane très bientôt pour voir nos concitoyens, leur montrer mon soutien personnellement et discuter avec les autorités cubaines de la manière dont nous pouvons, dans le respect de la législation du pays, résoudre ces circonstances », a déclaré Martínez-Acha à la presse.

Le Ministère de l'Intérieur de Cuba (Minint) a informé le 2 mars de l'arrestation de ces citoyens, accusés d'avoir élaboré et affiché des panneaux avec des messages critiques à l'encontre du gouvernement à différents endroits de la capitale du pays. 

Parmi les slogans peints mentionnés par la version officielle figureraient des phrases telles que “À bas la tyrannie”, “Le communisme : ennemi de la communauté” et “Nous avons confiance en Donald Trump, Marco Rubio et Mike Hammer”, faisant allusion au président et au secrétaire d'État américains ainsi qu'à l'ambassadeur des États-Unis sur l'île, respectivement.

Selon le Minint, les personnes impliquées auraient été orientées pour entrer à Cuba dans le but de diffuser ces messages considérés comme « subversifs et contraires à l'ordre constitutionnel ». D'après les autorités, chacun recevrait entre 1 000 et 1 500 dollars après être rentré à Panama.

Le délit de propagande contre l'ordre constitutionnel est prévu à l'article 124 du Code pénal cubain. Si les accusations sont retenues, les personnes arrêtées pourraient encourir des peines pouvant aller jusqu'à huit ans de prison.

Le cas a provoqué une réaction immédiate du gouvernement panaméen, qui a confirmé l'arrestation et a exigé des garanties processuelles, un accès consulaire permanent et le respect du due process pour ses citoyens.

Après la rencontre de l'ambassadeur Pitty avec ses compatriotes, le ministère des Affaires étrangères panaméen a réitéré son intérêt pour le respect intégral des droits des accusés, y compris la présomption d'innocence et l'accès à une assistance juridique locale.

La détention a également suscité des réactions à Cuba. À La Havane, des affiches et graffitis exigeant la libération des Panaméens détenus sont récemment apparus, certains d'entre eux dans la municipalité de Cerro, selon des informations transmises à CiberCuba.

Des voisins ont indiqué qu’après l’apparition des messages, la zone a été occupée par des agents de la Sécurité de l'État et des policiers. Quelques heures plus tard, des claquements de casseroles ont également été signalés dans plusieurs quartiers de la capitale, dans un climat de mécontentement social croissant et de tensions liées à la crise économique et énergétique que traverse le pays, aggravée à l'extrême ces dernières semaines.

L'activiste panaméen Jair Ortiz, qui a réussi à quitter Cuba avant les arrestations, a assuré que le groupe s'était rendu sur l'île pour mener des actions d'aide humanitaire et distribuer des aliments aux familles vulnérables. Cette version concorde avec celles d'autres activistes cubains qui évoquent la mission de soutien solidaire des incarcérés.

L'affaire reste à un stade initial d'enquête et pourrait être prochainement transférée aux instances judiciaires cubaines, tandis que le gouvernement du Panama poursuit les démarches diplomatiques pour assurer un suivi rapproché.

Pintures, casseroles, appels sur les réseaux et d'autres manifestations plus intenses, comme la récemment survenue à Morón, Ciego de Ávila, mettent en évidence le ras-le-bol de la population cubaine face à la situation de vie dans le pays.

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