Le régime cubain accordera des terres en usufruit aux résidents à l'étranger

Oscar Pérez-Oliva Fraga, vice-premier ministre et ministre du Commerce extérieurPhoto © Facebook/Lázaro Manuel Alonso

Le gouvernement de Cuba a annoncé ce lundi de nouvelles mesures visant à élargir la participation des Cubains résidant à l'étranger dans l'économie nationale, parmi lesquelles la possibilité d'accéder à des terres en usufruit pour développer des projets productifs sur l'île.

Lors d'une intervention dans le programme télévisé Mesa Redonda, le vice-premier ministre et ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, Oscar Pérez-Oliva Fraga, a expliqué que les décisions visent à ouvrir des espaces pour que la diaspora cubaine puisse s'engager de manière plus directe dans des activités économiques au sein du pays.

Captura de Facebook/Lázaro Manuel Alonso

Un des points les plus remarquables de l'annonce est la remise de terres en usufruit à des Cubains vivant hors de l'île, même s'ils n'ont pas de résidence effective dans le pays. Selon le fonctionnaire, cette mesure permettrait de canaliser les investissements, les connaissances et les expériences des émigrés vers le secteur agroalimentaire et d'autres projets liés à la production.

L'initiative fait partie d'un ensemble plus vaste de dispositions qui prévoit également la possibilité pour les Cubains vivant à l'étranger de participer en tant qu'associés ou propriétaires d'entreprises privées à Cuba. Cette participation ne se limiterait pas à de petites entreprises, mais pourrait inclure des projets de plus grande envergure liés aux infrastructures et à d'autres initiatives économiques.

Cependant, l'annonce suscite également des doutes parmi de nombreux Cubains, à l'intérieur et à l'extérieur de l'île, en raison du récent historique de mesures étatiques ayant affecté la propriété privée et les investissements. Aux grandes expropriations des années 60 du siècle dernier s'ajoutent des épisodes plus récents, tels que des fermetures de commerces privés, des confiscations de marchandises, l'annulation de licences ou des changements réglementaires soudains qui ont frappé des entrepreneurs à l'intérieur du pays.

Ces antécédents alimentent le scepticisme de la part de la diaspora quant aux garanties réelles et à la stabilité juridique qu'une investissement ou un projet productif pourrait avoir à Cuba, même sous de nouvelles promesses d'ouverture économique.

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