Un juge au Texas déclare illégale la détention d'une docteure cubane par l'ICE et ordonne sa libération

Lázara Yelene Campo-Cabrera avec son bébé Antonella.Photo © Javier Díaz/Capture d'écran

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Une Cubaine qui avait passé des années à construire sa vie aux États-Unis et qui remplissait toutes les conditions migratoires a été arrêtée de manière inattendue par les autorités de l'immigration, sans avertissement ni explication. Son cas a été exposé dans les médias, qui ont dénoncé ce qui s'était passé comme un exemple supplémentaire de l'incertitude à laquelle de nombreux migrants sont confrontés.

Cependant, l'histoire a pris un tournant inattendu le 20 mars, lorsque un tribunal fédéral au Texas a ordonné sa libération immédiate après avoir considéré que sa détention était illégale.

Il s'agit de Lázara Yelene Campo-Cabrera, une citoyenne cubaine qui est entrée aux États-Unis en décembre 2021 et qui, depuis lors, était restée en liberté surveillée, respectant toutes les exigences imposées par les autorités migratoires. Pendant plus de quatre ans, elle a vécu dans le pays, a présenté une demande d'asile et s'est rendue à chacun de ses rendez-vous avec l'immigration.

Cependant, en décembre 2025, sa situation a changé brusquement. Elle a été arrêtée par l'ICE lors d'un rendez-vous routinier, sans qu'il y ait eu de violation de ses conditions de liberté, sans mandat judiciaire et sans que les raisons de son arrestation ne lui soient expliquées.

Mais ce qui était le plus déchirant, ce n'était pas l'arrestation en soi, mais la séparation d'avec sa fille.

Antonella, un bébé de seulement 15 mois, souffre de deux maladies génétiques graves qui mettent sa vie en danger. Son état est critique et elle dépend entièrement de soins spécialisés. Sa mère n'est pas seulement son principal soutien émotionnel, mais aussi un élément clé de sa stabilité quotidienne.

L'arrestation a laissé la mineure dans une situation extrêmement vulnérable.

L'affaire a été mise en lumière par le journaliste Javier Díaz, qui a tiré la sonnette d'alarme sur la gravité des événements et a demandé l'intervention de législateurs cubano-américains face à ce qu'il a qualifié d'injustice.

Selon le document judiciaire auquel CiberCuba a eu accès, Campo-Cabrera n'avait pas de casier judiciaire et avait respecté "tous les aspects de sa libération", ce qui rendait encore plus remarquable la décision de la réincarcérer.

Document judiciaire de l'affaire, obtenu par CiberCuba.

L'affaire a été portée devant un tribunal fédéral du district ouest du Texas, où sa défense a soutenu que la détention violait ses droits constitutionnels, en particulier le droit à une procédure régulière. Le juge Jason Pulliam a partagé cette position.

Dans sa décision, le tribunal a déterminé que la Cubaine avait été privée de sa liberté sans une évaluation individualisée, sans notification préalable et sans possibilité de se défendre, ce qui constitue une violation directe de ses droits en vertu du cinquième amendement.

Le juge a également souligné un point clé qui impacte des milliers de migrants : une fois qu'une personne a été libérée et qu'elle a construit une vie aux États-Unis, même sans statut légal définitif, elle acquiert un intérêt à la liberté qui ne peut pas être révoqué de façon arbitraire.

Pour ceux qui suivent de près les processus migratoires, cette décision ouvre également une fenêtre importante. Elle renforce l'idée que les autorités ne peuvent pas arrêter une personne sans justification ni garanties fondamentales, et que les tribunaux peuvent encore agir comme contrepoids face à des décisions arbitraires.

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