Le New York Times interprète que les États-Unis 'assouplissent' l'embargo pétrolier sur Cuba avec l'arrivée de l'Anatoli Kolodkin



Anatoli Kolodkin (image de référence)Photo © marinetraffic.com / Vladimir Derov

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Le média américain The New York Times a publié hier une analyse dans laquelle il interprète que l'administration Trump 'adoucit' son blocus effectif de pétrole à Cuba, suite à la décision de la Garde côtière de permettre la arrivée de l'Anatoli Kolodkin au port de Matanzas avec environ 730 000 barils de brut à bord.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé lundi que les expéditions de pétrole vers Cuba seront évaluées 'au cas par cas' pour des raisons humanitaires. "Nous continuerons à décider au cas par cas pour des raisons humanitaires ou d'autres types, mais il n'y a pas eu de changement formel dans notre politique de sanctions", a-t-elle déclaré devant la presse.

Le tournant contraste avec la position que le président Trump a maintenue depuis janvier, lorsqu'il a publié sur les réseaux sociaux : 'IL N'Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D'ARGENT ALLANT À CUBA — ZÉRO !'. Depuis lors, la Garde côtière a intercepté au moins sept pétroliers à destination de l'île, y compris le Sea Horse et l'Ocean Mariner.

Cependant, face au pétrolier russe, Trump a changé de ton : "Si un pays veut envoyer du pétrole à Cuba, je n'ai aucun problème, que ce soit la Russie ou qui que ce soit, car les gens ont besoin de chauffage et de refroidissement".

L'élément géopolitique le plus révélateur de l'épisode, selon le NYT, est que le Kremlin a reconnu avoir coordonné l'envoi avec Washington.

Dmitri Peskov, porte-parole de Poutine, a déclaré que 'ce sujet a été abordé auparavant lors des contacts avec nos homologues américains' et que la Russie a le devoir de soutenir ses 'amis' à Cuba.

Pour le quotidien new-yorkais, cela démontre que Moscou a un certain pouvoir de levier sur Washington dans le contexte des négociations plus larges entre Trump et Poutine, et que la politique de 'blocus total' n'a jamais été aussi absolue que le président l'a proclamé publiquement.

Le cargement, équivalent à environ 100 000 tonnes de brut, ne couvre qu'une ou deux semaines de consommation cubaine, qui nécessite entre 100 000 et 110 000 barils par jour, selon l'expert Jorge Piñón, de l'Université du Texas.

La crise énergétique qui a motivé l'exception humanitaire est dévastatrice : Cuba enregistre des coupures de courant pouvant atteindre 22 heures par jour, des déficits de production allant jusqu'à 2 040 mégawatts et au moins trois effondrements totaux du système électrique national en mars, dont un le 16 mars qui a duré 29 heures.

L'analyste William LeoGrande, de l'Université Américaine, a suggéré que l'exception vise à éviter un effondrement total qui déclencherait une migration massive vers les États-Unis.

Trump, néanmoins, a maintenu un ton ferme contre le régime : "Cuba est fini. Ils ont un mauvais régime, un leadership très mauvais et corrompu, et que ce soit ou non un bateau de pétrole qui arrive, cela n'aura pas d'importance."

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