Sandro Castro, petit-fils de Fidel Castro et extravagant influenceur habanero, a célébré ce vendredi dans ses stories Instagram l'amnistie de plus de 2,000 prisonniers annoncée par le régime cubain, dans une vidéo où il a mélangé des bénédictions de Pâques avec un appel à boire "comme s'il n'y avait pas de demain".
Le régime a annoncé jeudi le pardon de 2 010 détenus comme un "geste humanitaire" pour Pâques, ce qui constitue le cinquième pardon depuis 2011 et le deuxième de 2026, avec plus de 11 000 bénéficiaires au total.
Le descendant bouffon de la famille "royale" n'a pas tardé à se joindre à la célébration avec un message qui en dit long sur sa vision particulière de la réalité cubaine : "Aujourd'hui c'est vendredi, Semaine Sainte. Bénédictions, les meilleures vibrations et énergies pour tous. Je porte mon pull de Chucky, 'le tueur en série'. Je suis aussi content que mon gouvernement gracie deux mille prisonniers, que tout le monde puisse respirer la liberté et être avec sa famille. Parce qu'aujourd'hui c'est vendredi, on boit comme s'il n'y avait pas de lendemain, les gens."

L'expression "mon gouvernement", avec laquelle il s'est référé au régime, résume avec une précision involontaire la position de Sandro Castro : le même individu qui quelques jours auparavant affirmait ne pas avoir "aucun privilège ni aucune immunité" et qui se définit comme "un citoyen de plus"; revendique sans vergogne son lien avec le pouvoir régnant sur l'île.
Ce que le petit-fils de Fidel a omis dans son enthousiasme, c'est que l'indult exclut explicitement les "délits contre l'autorité" —sédition, désordres publics, outrage, attentat—, la catégorie sous laquelle la majorité des manifestants du 11 juillet 2021 ont été condamnés, avec des peines allant de six à 18 ans.
L'Observatoire cubain des droits de l'homme (OCDH) a exigé ce vendredi que le pardon inclue tous les prisonniers politiques et a rappelé que dans l'accord précédent avec le Saint-Siège, annoncé le 12 mars, seulement 27 prisonniers politiques ont été libérés, un chiffre plutôt "pauvre", pour le dire légèrement.
Organisations indépendantes documentent entre 760 et plus de 1 000 prisonniers politiques à Cuba, une catégorie que le régime refuse de reconnaître officiellement.
Le neveu de Raúl Castro, propriétaire du Bar EFE à Vedado —un établissement qui lui a coûté "seulement" 50 000 dollars, dans un pays où le salaire moyen tourne autour de 20 dollars par mois— a reconnu qu'à Cuba "il y a un véritable effondrement", bien qu'il précise que ses critiques à l'égard du gouvernement sont "subliminales" et "très subtiles" car, selon ses propres mots, "je respecte le gouvernement parce que je vis sur l'île".
Alors que Sandro Castro prend un verre ce vendredi, les familles des manifestants du 11J condamnés à des peines pouvant aller jusqu'à 18 ans attendent toujours que "leur gouvernement" leur rende leurs proches.
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