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Le président Donald Trump a présenté vendredi dernier une proposition de budget pour l'exercice fiscal 2027 qui inclut les premiers pas vers la privatisation des opérations de sécurité aéroportuaire, actuellement gérées par l'Administration de la Sécurité des Transports (TSA), une agence fédérale créée après les attentats du 11 septembre 2001.
La proposition inclut une réduction de 52 millions de dollars du budget de la TSA et exigerait que les petits aéroports s'inscrivent obligatoirement au Programme de Partenariat de Contrôle (SPP, pour ses sigles en anglais), par lequel la TSA engage des entreprises privées pour effectuer les contrôles de passagers sous supervision fédérale, a rapporté Reuters.
La TSA compte environ 50 000 employés fédéraux qui gèrent le contrôle de sécurité dans presque tous les aéroports du pays.
Les documents budgétaires de la Maison Blanche justifient la mesure en indiquant que "les aéroports qui utilisent actuellement le programme ont montré des économies par rapport aux opérations de contrôle fédéral".
La proposition arrive directement comme conséquence du fermeture partielle du Département de la Sécurité Nationale (DHS), entamée le 14 février 2026, qui a laissé sans salaire les agents fédéraux de la TSA pendant plus de 40 jours, devenant ainsi la plus longue de l'histoire des États-Unis.
L'absentéisme parmi les agents a atteint une moyenne nationale de 11 % à 12 %, avec des pics dépassant 50 % dans certains aéroports, et au moins 460 agents ont démissionné, ce qui a entraîné des files d'attente allant jusqu'à quatre heures dans les terminaux à travers le pays pendant la haute saison printanière.
L'un des arguments centraux de l'administration Trump pour élargir le programme est que les aéroports qui opèrent déjà avec du personnel de sécurité privé dans le cadre du SPP n'ont pas subi ces disruptions pendant la fermeture du DHS.
Actuellement, 21 aéroports participent volontairement au programme, parmi lesquels l'Aéroport International de San Francisco et celui de Kansas City.
Pour atténuer la crise, Trump a ordonné le 23 mars le déploiement d'au moins 50 agents du Service de Contrôle de l'Immigration et des Douanes (ICE) par équipe dans 14 aéroports, et le 27 mars a signé un ordre exécutif pour payer immédiatement les agents de la TSA.
Le syndicat Fédération Américaine des Employés du Gouvernement (AFGE) a averti des risques pour la sécurité aérienne et de possibles réductions de salaires ainsi que des protections du travail pour les employés en cas d'avancement de la privatisation.
La proposition n'implique pas une privatisation totale ni immédiate : la TSA continuerait de superviser les contrats, les politiques et les équipements, et les agents privés opéreraient selon ses normes. La réduction de 52 millions représente à peine 0,45 % du budget total de l'agence pour 2026, estimé à environ 11,5 milliards de dollars.
L'initiative doit encore être approuvée par le Congrès, qui est en pause jusqu'à la mi-avril sans avoir résolu l'impasse budgétaire qui a déclenché la crise à la TSA.
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