Ils permettent de poursuivre la construction du salon de danse de Trump à la Maison Blanche, pour l'instant



Rendu du projet (Image de référence)Photo © Captura de video de YouTube / WUSA9

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Un tribunal fédéral d'appel des États-Unis a temporairement autorisé la poursuite de la construction du controversé salon de danse soutenu par Donald Trump à la Maison Blanche, au milieu d'un intense différend juridique sur les limites de son autorité et les implications du projet.

La décision, adoptée par un panel de trois juges de la Cour d'Appel du Circuit du District de Columbia par deux voix contre une, permet aux travaux de se poursuivre au moins jusqu'au 17 avril, tandis que l'administration cherche une éventuelle révision devant la Cour Suprême.

De plus, le tribunal a ordonné au juge fédéral de district Richard Leon de clarifier des aspects clés liés à la sécurité nationale, l'un des arguments centraux du gouvernement.

Le projet, évalué à environ 400 millions de dollars, prévoit la construction d'une salle de bal d'environ 90 000 pieds carrés dans l'espace où se trouvait l'aile est de la Maison Blanche, une structure historique qui abritait traditionnellement les bureaux de la première dame et qui a été démolie en septembre. Cette aile a été construite à l'origine en 1902 sous la présidence de Theodore Roosevelt et agrandie en 1942.

L'initiative a été défendue par Trump comme une œuvre emblématique de son mandat, visant à faciliter l'accueil de dirigeants étrangers et la tenue de grands événements sans recourir à des installations temporaires comme des tentes dans le Jardin Sud.

Le président s'est personnellement impliqué dans la conception et la promotion du projet, montrant des maquettes et mettant en avant ses caractéristiques à plusieurs reprises.

Ce sera le plus grand et le plus beau salon de danse jamais construit. Cet espace servira notre pays pendant des siècles", a écrit dans une publication accompagnée d'une image du design du projet.

Cependant, le plan fait face à une forte opposition légale dirigée par le National Trust for Historic Preservation, qui a déposé une plainte en décembre, arguant que le président a dépassé son autorité en ordonnant la démolition de l'Aile Est sans l'approbation du Congrès, exigence qu'ils considèrent indispensable pour intervenir sur des propriétés fédérales de haute valeur historique.

En mars, le juge Leon a d'abord statué en faveur du groupe de conservation et a ordonné d'arrêter la construction, considérant que le président agit en tant qu'"administrateur" de la Maison Blanche et non en tant que propriétaire, et qu'aucune loi ne lui confère le pouvoir d'exécuter un projet de cette envergure sans aval législatif.

L'administration Trump a fait appel de la décision en arguant que l'arrêt des travaux rendait la résidence présidentielle "exposée et vulnérable", mettant en péril la sécurité du président, de sa famille et du personnel.

Selon ses avocats, le salon de danse fait partie d'un ensemble de mesures essentielles de protection, le qualifiant de projet "fondamental pour la sécurité".

Parmi les arguments présentés devant la cour, on trouve des détails sur des éléments de sécurité avancés déjà intégrés ou en cours d'installation, tels que des colonnes en acier résistantes aux missiles, des toits conçus pour résister aux drones, des vitres pare-balles et des structures renforcées pour les explosions. On évoque également des abris anti-aériens, des installations médicales et des équipements militaires hautement confidentiels.

Ces affirmations sont liées à la révélation que sous le salon de danse se construit un complexe militaire souterrain de grande envergure.

Trump lui-même a reconnu que les Forces armées développent cette installation et a même décrit la salle comme une sorte de "couverture" pour l'infrastructure souterraine, dont l'existence a été révélée suite à la procédure judiciaire.

Le leader républicain justifie ces mesures dans le contexte des menaces mondiales et des conflits récents, soulignant que l'environnement international actuel exige de renforcer la sécurité du complexe présidentiel.

En effet, le projet rappelle des précédents historiques, comme la construction du bunker sous l'Aile Est pendant la Seconde Guerre mondiale sur ordre de Franklin D. Roosevelt après l'attaque de Pearl Harbor, installation qui a ensuite été utilisée lors des attentats du 11 septembre 2001.

Cependant, le groupe conservationniste a vivement remis en question ces arguments, qualifiant d'exagérées les inquiétudes en matière de sécurité.

Dans ses allégations, il soutient que l'empêchement de la construction de la salle de bal ne constitue pas une urgence de sécurité nationale et rappelle que la Maison Blanche a fonctionné pendant des décennies sans une telle structure.

De plus, ils soulignent que de nombreuses œuvres liées à la sécurité, notamment celles souterraines, n'étaient pas interdites par l'ordonnance judiciaire et pouvaient continuer indépendamment du salon.

Selon le groupe, l'administration a changé son discours en liant les deux constructions seulement après que le projet principal a été bloqué.

Le litige soulève également un débat plus large sur la séparation des pouvoirs aux États-Unis, en particulier sur le rôle du Congrès dans les projets d'infrastructure au sein des propriétés fédérales.

Alors que l'administration insiste sur le fait que ces décisions relèvent exclusivement du président, ses opposants soutiennent qu'elles nécessitent une supervision législative.

Pour l'instant, la décision de la cour d'appel ne résout pas le fond du conflit, mais accorde une prolongation temporaire qui permet de poursuivre les travaux pendant que les aspects juridiques et de sécurité sont clarifiés.

L'avenir du projet dépendra des prochaines décisions judiciaires, qui pourraient aller jusqu'à la Cour suprême dans les semaines à venir.

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