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The Wall Street Journal a publié un article d'opinion qui démontre la narration officielle du régime cubain sur les coupures de courant : la chroniqueuse Mary Anastasia O'Grady, spécialisée en Amérique Latine, soutient que la crise électrique n'est pas due à l'embargo américain, mais à des décennies d'inefficacité communiste, d'infrastructure obsolète et de dépendance au pétrole vénézuélien subventionné.
Selon l'analyse, Cuba traverse une profonde crise économique marquée par la pénurie de devises, ce qui limite la capacité du pays à importer des combustibles et à maintenir son système énergétique.
Des secteurs clés comme l'agriculture, l'industrie et le tourisme ont subi un déclin soutenu, réduisant significativement les revenus de l'État et aggravant l'effondrement structurel.
La columniste souligne également que le système électrique cubain souffre de décennies d'abandon et d'investissements insuffisants.
Des experts cités indiquent que le réseau énergétique nécessite entre 8 000 et 10 000 millions de dollars pour sa modernisation, une somme hors de portée du gouvernement dans les conditions actuelles.
De plus, il n'existe pas de solutions à court terme pour inverser les coupures de courant qui touchent la population.
L'article souligne que, malgré le discours officiel, Cuba a accès à des aliments, des médicaments et d'autres biens sur le marché international si elle dispose de liquidités, ce qui affaiblit l'argument selon lequel l'embargo serait la principale cause de la crise.
En revanche, il met en avant la mauvaise gestion interne et le modèle économique centralisé comme des facteurs déterminants.
Il avertit également que le régime combine propagande et répression pour se maintenir malgré la détérioration économique, tout en tentant d'influencer l'opinion publique internationale pour détourner les responsabilités.
Dans ce contexte, les coupures de courant ne seraient pas un phénomène isolé, mais une conséquence directe d'un système incapable de maintenir sa propre infrastructure.
Cependant, le régime a insisté sur le fait que l'embargo est la "cause principale" de l'effondrement du Système Électrique National.
Le chancelier Bruno Rodríguez et la vice-ministre Tatiana Amarán ont répété cette thèse en octobre 2025, affirmant même que cinq jours d'embargo équivalent au coût des réparations des centrales clés.
Cependant, les données contredisent cette version.
Cuba importe la majeure partie de son pétrole de Venezuela, du Mexique et de la Russie, et non des États-Unis, ce qui relativise l'argument officiel selon lequel l'embargo serait la cause de la pénurie de carburant.
L'expert en énergie Jorge Piñón est catégorique : "La conception de l'interconnectivité du système de génération des centrales thermiques est la unique cause des sept coupures de courant totales que Cuba a connues au cours des 16 derniers mois."
Piñón souligne également que les huit centrales thermiques cubaines accumulent presque 40 ans d'exploitation intensive sans la recapitalisation nécessaire, et que le pétrole brut national, avec une forte teneur en soufre et en vanadium, provoque une corrosion accélérée des composants, générant un cercle vicieux de pannes constantes.
Le collapse de l'approvisionnement externe a aggravé une base déjà détériorée. Cuba a besoin d'environ 110 000 barils de pétrole par jour mais ne produit que 40 000, devant importer les deux tiers restants.
La capture de Nicolás Maduro en janvier 2026 a interrompu entre 25 000 et 30 000 barils par jour en provenance du Venezuela, représentant deux tiers des importations cubaines. Le Mexique a également stoppé ses ventes par crainte de représailles de Washington.
Le déficit de production a dépassé les 1 900 MW pendant les heures de pointe, avec des coupures de courant allant jusqu'à 20 et 24 heures par jour affectant 11 millions d'habitants de l'île.
Le propre gouvernement cubain a admis en mars 2026 qu'il ne savait toujours pas avec certitude ce qui avait causé la dernière coupure de courant totale.
Le vice-ministre Argelio Jesús Abad Vigoa a reconnu le effondrement de la génération distribuée après trois mois sans approvisionnement en combustible, une admission qui contredit la narration de l'embargo comme explication suffisante.
La crise a déclenché une vague de manifestations sans précédent : plus de 1 200 manifestations enregistrées depuis janvier 2026, selon les données du Département d'État des États-Unis, a rapporté Infobae.
Le 15 mars, à Morón, Ciego de Ávila, des manifestants ont incendié le siège du Parti Communiste pendant des manifestations contre les coupures de courant.
Le déficit estimé pour une nouvelle capacité génératrice s'élève à au moins 6,612 millions de dollars, un chiffre qui illustre l'ampleur de l'abandon structurel de l'infrastructure énergétique cubaine après 67 ans de dictature.
Comme l'a souligné El País en octobre 2024, "il n'y aura pas de changement dans le secteur électrique sans changement de modèle économique", une conclusion qui pointe directement vers le système politique comme origine de la crise, et non vers les sanctions extérieures.
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