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La publication de l'Ambassade des États-Unis à Madrid ce lundi concerne un graphique qui montre que ce pays est le plus grand investisseur étranger en Espagne, avec 10,009 millions d'euros et plus de 330,000 emplois créés en 2025, dans un message largement interprété comme un avertissement voilé en pleine crise diplomatique entre les deux pays à propos de l'Opération Furia Épica.
La tension entre Washington et Madrid a monté en flèche après le refus du gouvernement de Pedro Sánchez d'autoriser l'utilisation des bases de Rota et Morón pour aller en guerre contre laquelle l'Espagne s'est déclarée totalement opposée, ainsi que le passage dans l'espace aérien espagnol d'avions américains impliqués dans l'opération militaire conjointe lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février.
La ministre de la Défense espagnole, Margarita Robles, a confirmé l'interdiction le 30 mars avec une déclaration ferme : "L'Espagne n'autorisera en aucun cas, ni ne l'a fait, ni ne le fait, ni ne le fera, l'utilisation des bases de Rota et Morón pour aller à la guerre contre laquelle nous sommes totalement opposés."
La réponse de Washington a été immédiate et ferme. Le président Donald Trump a qualifié l'Espagne de partenaire terrible et a menacé de couper tout le commerce bilatéral, tandis que quelques jours plus tard il a réitéré : "Il se peut qu'il coupe tout le commerce avec eux".
Le secrétaire d'État Marco Rubio s'est également attaqué à Madrid le 31 mars, remettant en question l'utilité de l'alliance atlantique : "Nous avons des pays comme l'Espagne, un membre de l'OTAN que nous nous sommes engagés à protéger et qui nous refuse l'accès à son espace aérien et s'en vante, qui nous refuse l'utilisation de ses bases. Et alors on se demande, qu'est-ce que les États-Unis y gagnent ?".
En représailles immédiates, Washington a déplacé au moins 15 avions-citernes KC-135 Stratotanker depuis les bases espagnoles vers la base allemande de Ramstein et d'autres sites.
Dans ce contexte, le graphique publié ce lundi par l'Ambassade des États-Unis à Madrid, basé sur des données du Ministère de l'Économie espagnol, illustre l'ampleur de la dépendance économique : l'investissement américain en Espagne est pratiquement triplé par rapport au deuxième pays, la France, qui a contribué 3.270 millions d'euros en 2025.
Sánchez a répondu ce mardi depuis Pékin, où il a rencontré le président chinois Xi Jinping, affirmant que la position de l'Espagne ne doit offenser personne et déplorant que ceux qui critiquent des gouvernements qui violent le droit international se trouvent ensuite "à la merci de ces pays".
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