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Des fonctionnaires du Département d'État des États-Unis se sont réunis vendredi dernier à La Havane avec des représentants du régime cubain. La réunion, révélée ce vendredi par Axios, représente une étape diplomatique significative compte tenu du contexte actuel : l'administration Trump, avec Marco Rubio en tant que secrétaire d'État, est considérée comme beaucoup moins encline à faire des concessions que celle d'Obama.
Un haut fonctionnaire du Département d'État a confirmé à Axios que plusieurs rencontres ont eu lieu à La Havane, mais n'a identifié qu'un seul participant cubain : Raúl Guillermo Rodríguez Castro, connu sous le nom de "El Cangrejo", lieutenant-colonel du Ministère de l'Intérieur (MININT) et responsable de la sécurité personnelle de son grand-père.
Raúl Castro, qui, bien qu'il n'occupe pas de poste formel, reste le pouvoir réel à Cuba, et apparemment Washington voit El Cangrejo comme le porte-parole de facto du leader historique.
Lors des réunions, les responsables américains ont averti le régime que "l'économie cubaine est en chute libre" et que les élites au pouvoir ont "une petite fenêtre pour mettre en œuvre des réformes clés soutenues par les États-Unis avant que les circonstances ne se détériorent de manière irréversible".
Parmi les propositions concrètes, les États-Unis ont offert d'aider à restaurer l'accès à Internet grâce à l'installation de services Starlink. Les responsables ont également réitéré les conditions anciennes pour lever l'embargo : compensation aux citoyens et aux entreprises américaines dont les biens ont été confisqués après la Révolution de 1959, libération des prisonniers politiques, et garanties de libertés politiques qui incluraient éventuellement des élections libres et équitables.
De plus, ils ont exprimé des "préoccupations concernant des groupes de renseignement étrangers, militaires et terroristes opérant avec la permission du gouvernement cubain à moins de 100 miles du territoire américain".
"Le président Trump s'engage à rechercher une solution diplomatique, si possible, mais il ne permettra pas que l'île s'effondre en une menace plus grande pour la sécurité nationale si les dirigeants de Cuba ne peuvent pas ou ne veulent pas agir", a déclaré le haut fonctionnaire du Département d'État à ce média.
Les conversations se déroulent en plein milieu de la crise la plus grave que traverse Cuba depuis la Période Spéciale. L'économie accuse une contraction de 23 % depuis 2019, avec une chute projetée de 7,2 % du PIB pour cette année, aggravée par la coupure de l'approvisionnement en pétrole vénézuélien après la capture de Nicolás Maduro en janvier.
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