Les forces américaines ont abordé ce matin le pétrolier M/T Tifani, un navire sanctionné et sans pavillon lié à l'Iran, dans les eaux internationales de l'océan Indien sous la responsabilité du Commandement Indo-Pacifique (INDOPACOM), selon l'annonce du Département de la Guerre des États-Unis.
La opération, décrite officiellement comme une inspection de visite, une interdiction maritime et une abordage, s'est déroulée sans incidents à environ 700 kilomètres au sud-est du Sri Lanka, un jour après le premier saisie physique du blocus naval contre l'Iran : le cargo M/V Touska, intercepté lundi dans la mer d'Arabie.
El Tifani, avec et est lié à ENSA Ship Management Private Limited, une compagnie maritime indienne sanctionnée pour de présumés liens avec l'Iran.
Le navire figure sur la liste des sanctions de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) en vertu de l'Ordonnance Exécutive 13846 relative à l'Iran, et opère sans pavillon enregistré, ce qui en fait une cible prioritaire de la campagne d'interdiction.
Selon des données de suivi maritime, le Tifani a quitté la région du Golfe le 10 avril, a effectué une brève escale près du port de Galle, au Sri Lanka, le 18 avril, et a changé brusquement de cap après avoir été intercepté.
Le Département de la Guerre a averti que "les eaux internationales ne sont pas un refuge pour les navires sanctionnés" et a réaffirmé son engagement à "poursuivre les efforts mondiaux d'application maritime pour démanteler les réseaux illicites et intercepter les navires sanctionnés qui fournissent un soutien matériel à l'Iran, partout où ils opèrent".
Cet abordage dans la zone d'INDOPACOM — à la différence du Touska, intercepté dans la zone du Commandement Central (CENTCOM) — souligne la dimension mondiale de la campagne américaine, qui ne se limite ni au Golfe Persique ni à la Mer d'Arabie.
Le blocus naval a été ordonné par le président Donald Trump le 12 avril par le biais d'une proclamation présidentielle et est entré en vigueur le lendemain, avec plus d'une douzaine de navires de guerre, plus de 100 aéronefs et environ 10 000 effectifs déployés.
Depuis le début du blocus, les forces américaines avaient dirigé 25 navires commerciaux à faire demi-tour avant l'abordage du Touska, qui transportait des matériaux à double usage en provenance de Chine —métaux, tuyauteries, composants électroniques et chimiques utilisables dans des missiles balistiques— et a été immobilisé par le feu du canon du destroyer USS Spruance après avoir ignoré les avertissements pendant six heures.
Iran a qualifié cette approche de "piraterie armée" et son commandement militaire Khatam Al-Anbiya a averti qu'il "répondra bientôt et prendra des représailles".
L'accumulation d'incidents —Touska lundi, Tifani ce mardi— se produit avec le cessez-le-feu qui arrive à échéance ce mercredi 22 avril, convenu le 8 avril et médié par le Pakistan, et sans accord diplomatique en vue après un second tour de négociations dirigé par le vice-président JD Vance à Islamabad.
Trump a déclaré lundi qu'une prolongation du cessez-le-feu est "hautement improbable".
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