Le créateur de contenu cubain José Martínez a publié sur Facebook un poème en vidéo intitulé "Je ne signe pas", en réponse directe à la campagne gouvernementale "Ma signature pour la patrie", lancée par le Parti Communiste de Cuba (PCC) pour recueillir des adhésions en commémoration du 65e anniversaire de la Bataille de Playa Girón.
En ses vers, Martínez dénonce sans détour ce que, selon lui, cautionnent ceux qui participent à la campagne : "Ils signent le manque de pain, de viande, de médicaments. Ils signent pour continuer à vivre dans la ruine avec l'exemple de l'Iran. Ils signent qu'ils poursuivront avec un unique parti misérable et arrogant. Plus de prison pour l'innocence, plus de mensonges, décadence. Ils ont une puce dans la nuque. Il y a des gens si naïfs qu'ils vont signer leur propre sentence."
La campagne a été annoncée le 18 avril par Yuniasky Crespo Baquero, responsable du Département idéologique du Comité central du PCC, et présentée comme un "devoir suprême" constitutionnel.
Miguel Díaz-Canel l'a inaugurée à Ciénaga de Zapata, Matanzas, sous le slogan de la déclaration "Girón est aujourd'hui et sera toujours", qui affirme que Cuba ne sera jamais un trophée, ni une étoile de plus dans la constellation américaine.
Morales Ojeda, Secrétaire d'Organisation du PCC, a insisté lundi dernier sur le fait que l'initiative provenait d'organisations de la société civile, bien qu'en Cuba, il n'existe pas de véritable société civile indépendante : les organisations de masse sont constitutionnellement subordonnées au PCC en tant que force politique dirigeante de l'État.
Les livres de signatures ont été ouverts dans les communautés, les lieux de travail et les établissements d'enseignement à travers le pays sous pression institutionnelle, et à Matanzas, des menaces de licenciement ont été signalées pour les employés qui refusaient de signer.
Les travailleurs de la centrale thermique Antonio Guiteras ont également signé la campagne, ce qui a suscité une question qui a largement circulé sur les réseaux : "Quand signent-ils pour rétablir l'électricité à Cuba ?"
Le rejet de la campagne ne s'est pas limité au poème viral. José Daniel Ferrer García, leader de l'Union Patriotique de Cuba (UNPACU), a publié un appel à ne pas signer, arguant que la campagne soutient ceux qui oppriment le peuple. L'activiste Lara Crofs (Yamilka Lafita Cancio) a rejoint avec le slogan "Rien de signatures en faveur de la tyrannie".
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