Les humoristes cubains Miguel Moreno («La Llave») et Carlos Gonzalvo («Mentepollo») ont publié cette semaine un extrait de leur programme «Frenarte Show» sur Instagram où l'Économie Nationale, personnifiée comme une femme désespérée, se rend chez un babalawo car elle n'a plus d'options.
Le clip a été publié sur la chaîne La Risa Nostra et est rapidement devenu l'un des sketchs les plus commentés par la communauté cubaine sur les réseaux sociaux.
La Économie nationale se présente devant le prêtre yoruba visiblement déprimée et avec un bras fracturé. Son diagnostic est aussi précis que dévastateur : « Depuis que je me suis fracturé la gauche, je n'ai plus de point d'appui. Vous savez que je suis gauchère et que je ne sais pas m'y prendre avec la droite ».
La phrase est une allusion directe à l'effondrement de l'alliance de Cuba avec le Venezuela et d'autres gouvernements dirigés par des présidents de gauche dans la région, ainsi qu'à l'incapacité du régime à adopter des politiques de marché qui sortent le pays de l'abîme.
< p>Le personnage continue son lamentation devant le babalawo : « Parrain, ça fait un petit moment que je sens que je recule, que je recule, que je recule, que je ne prospère pas. » Et il conclut par une question qui résume le sentiment de millions de Cubains : « Oh, parrain, est-ce que je n'ai plus beaucoup de temps ? ». < /p>
Le remate du babalawo est la phrase qui a le plus circulé parmi les adeptes du programme : « Tranquille, ma fille, c'est toi qui vas nous enterrer ».
Pour éviter des malheurs plus graves, le babalawo indique à l'Économie Nationale les animaux qu'elle doit sacrifier pour faire ebbó (nettoyage spirituel).
«Un animal, ce n'est pas suffisant. Tu dois en sacrifier au moins huit ! Apporte-moi trois cochons, cinq chèvres, dont trois grises et deux chèvres expiatoires. Ah, et un crabe», dit le religieux. Le dernier animal a laissé l'Économie Nationale impressionnée : «Oh parrain... D'où puis-je sortir ça ?»
L'humour noir du sketch se connecte directement à la réalité que vit l'île.
Cuba pourrait voir son économie se contracter de 7,2 % en 2026, selon les projections de The Economist Intelligence Unit, accumulant une chute de 23 % depuis 2019. Le déficit fiscal prévu pour cette année dépasse les 74,500 millions de pesos cubains.
La crise énergétique s'est aggravée en janvier avec la capture de Nicolás Maduro, qui a interrompu entre 25 000 et 30 000 barils par jour de pétrole vénézuélien, provoquant des coupures de courant allant jusqu'à 25 heures. Plus de 600 000 Cubains ont quitté l'île depuis 2022.
Dans ce contexte, la figure du babalawo s'avère particulièrement efficace en tant que métaphore : si l'économie doit consulter un religieux pour trouver une solution, c'est parce que les solutions rationnelles se sont épuisées depuis longtemps.
Le chapitre complet est disponible sur la chaîne YouTube La Risa Nostra.
La réaction du public ne s'est pas fait attendre. « Humour à son maximum, merci beaucoup pour ces vidéos », a écrit un abonné.
«Une œuvre maîtresse, dures», a souligné un autre. Un troisième commentaire a paraphrasé le sketch avec une variante qui est devenue une phrase à lui : «Depuis que la gauche s'est fracturée, je n'ai plus d'où me raccrocher.»
Un autre utilisateur a résumé l'esprit du sketch en trois mots : « Génial. À bon entendeur... ».
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