Le Parti Communiste de Cuba (PCC) a publié sur les réseaux une vidéo de 23 secondes dans laquelle un paysan cubain déclare avec véhément qu'il ne cessera pas de produire « même si les Américains se mettent en travers de mon chemin », ce qui constitue un nouvel élément de propagande du régime visant à attribuer la crise alimentaire à l'embargo américain.
Dans la vidéo, l'homme — d'âge moyen, portant un t-shirt bleu et une chaîne en or, devant un champ cultivé avec des plantes vertes — déclare : « Malgré les difficultés et le blocus imposé par l'empire des États-Unis, nous ne nous arrêtons pas car nous devons continuer à produire de la nourriture pour la révolution. »
Le PCC a accompagné la vidéo du message suivant : « L'esprit et la volonté de vaincre du peuple cubain ne se plient pas. Malgré les difficultés et le durcissement du blocus dans les terres cubaines, des alternatives sont recherchées, contournant les carences et les difficultés, pour produire des aliments. Dans chaque coin et de multiples manières » ainsi que le hashtag #LaPatriaSeDefiende.

La réalité du secteur agricole cubain contredit frontalement ce message. La production de tubercules a chuté de 44%, celle des œufs de 43% et celle du lait de 37,6% rien qu'en janvier 2025, selon les données du gouvernement lui-même. Entre 2018 et 2023, la production de viande de porc s'est effondrée de 95% et celle de riz de 87%, selon le Programme Alimentaire Mondial. Cuba dépend de l'extérieur pour entre 70% et 80% de ses aliments, selon la FAO.
Les agriculteurs ne font pas seulement face à la pénurie de fournitures, mais aussi à l'impayé chronique de l'État. Des producteurs de Granma ont signalé plus de 1 000 tonnes de tomates impayées, selon le journal d'État Girón. Au début de ce mois, un agriculteur a été condamné à une amende de 60 000 pesos —l'équivalent de quatre fois le salaire moyen— pour « différence d'âge dans le bétail ».
La pénurie de combustible aggrave encore davantage la situation. René Orellana, représentant régional de la FAO pour l'Amérique latine et les Caraïbes, a averti que le manque de diesel paralyse la machinerie agricole et compromet la récolte des cultures : « La population ne pourra pas accéder à ces aliments ».
Le régime a répondu à la crise avec deux stratégies parallèles : des réformes timides, telles que l'annonce de la fin du monopole d'Acopio en avril, et une campagne de propagande sur les réseaux sociaux qui attribue toutes les fautes à l'embargo. Ce discours suscite un scepticisme croissant parmi les Cubains.
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