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La crise du combustible à Cuba a déjà un impact fort sur le secteur agroalimentaire et ses effets sont graves, a averti le représentant régional de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, René Orellana.
Dans une interview accordée à l'agence EFE, le responsable de la FAO pour l'Amérique latine et les Caraïbes a affirmé que la pénurie de carburant limite l'utilisation des machines agricoles, ce qui compromet la récolte de plusieurs cultures dans différentes zones du pays.
Orellana a souligné que plusieurs produits risquent de ne pas être récoltés correctement en raison du manque de diesel, ce qui aura des conséquences directes sur l'approvisionnement.
«La population ne pourra pas accéder à ces aliments », a averti le spécialiste, anticipant une aggravation de l'accès à l'alimentation, un vieux problème que, pourtant, le régime n'a pas su résoudre malgré le fait que la même FAO lui a déjà offert de l'argent auparavant.
Le fonctionnaire a expliqué que, face à ce scénario, la FAO et d'autres organismes des Nations Unies encouragent une transition vers des sources d'énergie renouvelable afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures.
Parmi les alternatives, il a mentionné l'installation de nouveaux systèmes d'irrigation ainsi que des plants photovoltaïques et hydroélectriques de petite échelle, spécialement destinés à soutenir la petite production familiale.
La crise énergétique s'est intensifiée après l'arrêt des livraisons de pétrole par le Venezuela, qui était l'un des principaux fournisseurs d'hydrocarbures de l'île.
L'interruption est survenue après une campagne de pression internationale qui a culminé en janvier avec la capture du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro lors d'une opération militaire américaine.
Le Mexique, un autre des pays qui avait envoyé du brut à Cuba, a également suspendu ses approvisionnements au milieu de tensions commerciales avec les États-Unis, dont le président Donald Trump a menacé d'imposer des tarifs douaniers aux nations qui fournissent du pétrole au gouvernement cubain.
La combinaison de ces facteurs a contraint les autorités de l'île à appliquer des mesures de rationnement extrême de carburant, ce qui a affecté non seulement la production agricole, mais aussi le transport des aliments vers les marchés, dans un contexte de montée de l'insécurité alimentaire.
Dans ce sens, 80 % des Cubains considèrent la crise actuelle comme plus grave que le Période Spéciale en raison de l'augmentation soutenue des prix, de la dollarisation partielle de l'économie et de la chute de la production agricole.
Ces facteurs, combinés à une forte dépendance aux importations alimentaires, ont aggravé la situation économique et sociale sur l'île.
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