Avocate donne des clés pour répondre sur le CDR et le Parti Communiste devant un juge aux États-Unis.

Liudmila Marcelo explique qu'il y a une différence entre le fait d'être inscrit sans consultation préalable auprès des Comités de Défense de la Révolution et le fait d'occuper des postes ou d'avoir eu une affiliation notable. À son avis, l'inscription automatique ne correspond pas à une adhésion active.



Pionniers cubains, entrant à un acte sur les CDR.Foto © CiberCuba

La avocate en matière d'immigration Liudmila Marcelo avertit les Cubains qui demandent leur résidence aux États-Unis sur l'importance cruciale de répondre correctement aux questions sur l'affiliation politique lors des entretiens auprès du Service de citoyenneté et d'immigration (USCIS) et devant les tribunaux d'immigration.

Marcelo souligne que les procureurs et les juges mettent un accent particulier sur des questions spécifiquement destinées aux Cubains : « Avez-vous appartenu au CDR ? Avez-vous appartenu au Parti communiste ou à une autre organisation ? »

L'avocate raconte que dans le cas d'une cliente qui a récemment obtenu sa résidence sous la Loi de l'Ajustement Cubain, la juge a même demandé si elle avait été pionnière.

La cliente a répondu que oui, qu'on lui avait mis le foulard depuis son enfance, et Marcelo souligne que cette réponse doit être accompagnée d'une explication. «Tu dois savoir expliquer que cela ne signifie pas une affiliation politique parce que tu es un enfant».

Concernant le CDR, Marcelo établit une distinction juridique fondamentale que tout cubain doit connaître avant de comparaître devant un juge ou un officier de l'USCIS.

«Il est obligatoire de s'inscrire dans un registre d'adresses du CDR lorsque tu as 14 ans, sans que tu donnes ton consentement, ni même tes parents, car c'est quelque chose qui se fait dès qu'on atteint 14 ans. Cela ne signifie pas que tu appartiennes», explique l'avocate.

Pour Marcelo, appartenir au CDR implique une participation active. « Appartenir signifie participer aux activités du CDR, aux actes de répudiation, aux actes politiques, être membre de la direction du CDR. Pour moi, c'est cela participer au CDR ».

La réponse recommandée devant les juges ou les officiers est claire. «Oui, j'étais inscrit sur la liste du CDR, mais je n'étais pas un membre actif du CDR.» Néanmoins, il précise que c'est ce qu'il faut répondre si c'est réellement ce qui s'est passé. Dans le cas contraire, "si la personne était effectivement un membre actif, il ne faut pas mentir, car un mensonge devant un juge ou un officier de l'USCIS pour obtenir un avantage migratoire rend la personne inéligible à tout bénéfice", a-t-il précisé.

Un autre point que Marcelo souligne comme fréquent dans les Cortes est la question de savoir comment quelqu'un a pu étudier la médecine à Cuba sans être militant du Parti Communiste.

La avocate clarifie que le fait de ne pas appartenir au parti ou à l'Union des Jeunes Communistes n'empêche pas d'étudier, mais cela engendre des désavantages concrets à travers le critère de «intégralité».

«Comme tu n'as pas le critère d'intégralité, on te déplace vers les niveaux les plus bas de l'échelle et quand vient le moment de la réaffectation, des personnes qui ont peut-être une moyenne inférieure à la tienne mais qui sont plus actives politiquement, se voient attribuer les postes qui étaient peut-être plus bénéfiques», explique-t-il.

Les non-militants, bien qu'ils obtiennent la note maximale de cinq points, se voient attribuer des postes de travail dans des endroits éloignés ou moins rémunérateurs, tandis que les militants avec de pires notes accèdent aux postes les plus avantageux.

Marcelo insiste sur le fait que la clé n'est pas de nier les difficultés, mais de les articuler correctement. « Ce n'est pas vraiment qu'ils te interdisent d'étudier si tu n'es pas militant, mais tu dois expliquer que oui, que cela t'a été difficile de ne pas avoir été militant. »

Ces déclarations interviennent à un moment où l'avocate Liudmila Marcelo a obtenu deux victoires récentes pour les titulaires de I-220A devant les tribunaux d'immigration. Lors de la dernière audience, les questions sur l'affiliation politique à Cuba ont été l'un des axes centraux de l'audience.

La avocate souligne également que ces questions ne se limitent pas aux procédures judiciaires. Les mêmes points sont abordés lors des entretiens avec l'USCIS, il est donc crucial de se préparer à y répondre avec précision à chaque étape du processus migratoire.

«Ce sont les points les plus importants abordés dans les Cours et qui sont également discutés lors de l'entretien devant l'USCIS, donc je veux que tout le monde soit bien au clair», conclut Marcelo.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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