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Le régime cubain doit plus de 277 millions de dollars à Sherritt International, l'entreprise canadienne qui a été son plus grand partenaire minier étranger pendant plus de trois décennies, comme le confirme la société elle-même dans un communiqué officiel où elle annonce la cessation définitive de ses opérations sur l'île.
La chiffre reflète des années d'impayés accumulés et l'incapacité structurelle de l'État cubain à honorer ses engagements financiers.
Le principal composant de cette dette est le solde que l'entreprise d'État General Nickel Company S.A. (GNC) maintien avec Sherritt pour l'exploitation conjointe du nickel et du cobalt à Moa, Holguín : 277 millions de dollars à la fin de 2025.
À cela s'ajoutent des créances liées à Energas S.A. —la coentreprise de production d'électricité— et à CUPET, la compagnie pétrolière d'État cubaine.
La dette ne s'est pas accumulée d'un coup. Pendant des années, l'État cubain a retardé les paiements jusqu'à ce qu'en octobre 2022, un mécanisme alternatif connu sous le nom de « cobalt swap » soit négocié : au lieu de payer en devises, Cuba livrerait du cobalt physique raffiné pendant cinq ans, entre 2023 et 2027, pour régler 362 millions de dollars canadiens en créances.
L'accord a échoué. Vers la fin de 2024, le régime n'avait respecté qu'environ 25 % des engagements, montrant que même ce mécanisme de paiement en nature était hors de ses capacités.
En février 2026, la situation s'est aggravée lorsque les autorités cubaines ont informé Sherritt du manque de carburant pour maintenir la production à Moa, les obligeant à suspendre les opérations au milieu de la grave crise énergétique que traverse l'île.
Le coup final est arrivé le 1er mai 2026, lorsque le président Donald Trump a signé l'Ordonnance Exécutive 14404, qui a considérablement élargi les sanctions contre Cuba et introduit des sanctions secondaires contre les institutions financières étrangères qui traitent avec des entités cubaines bloquées.
Le 7 mai, le Département d'État a désigné GAESA —le conglomérat d'entreprises des Forces armées cubaines— sous cette nouvelle autorité, rendant insoutenable la position de toute entreprise étrangère ayant des liens avec l'île.
Dans ce contexte, Sherritt a annoncé la dissolution de toutes ses opérations à Cuba et l'invocation de sa clause de dissolution avec GNC. Le plan prévoit que Sherritt reste l'unique propriétaire de la raffinerie de Saskatchewan, au Canada, tandis que GNC prendrait le contrôle des opérations minières cubaines.
Cependant, étant donné que la valeur de la mine cubaine dépasse celle de la raffinerie canadienne, l'accord de dissolution oblige GNC à verser à Sherritt un montant supplémentaire d'égalisation de la valeur de marché, au-delà des 277 millions déjà dus. L'entreprise reconnaît que « la seule façon de préserver sa capacité à faire des affaires est d'invoquer ses droits de dissolution sans délai ».
En ce qui concerne Energas —qui représente entre 10 % et 15 % de la capacité de génération électrique indépendante de Cuba avec ses 506 mégawatts— Sherritt renoncera à sa participation sans recevoir aucune compensation. Il en ira de même pour ses contrats de production partagée de pétrole et le contrat de services de forage.
La sortie de Sherritt laisse le régime cubain sans son principal partenaire minier étranger, avec une dette impayable et sans accès à la raffinerie canadienne qui traitait son nickel et son cobalt. Le processus judiciaire pour accélérer la dissolution est prévu pour le mardi prochain devant le Tribunal de King's Bench de l'Alberta.
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