Le régime cubain a mobilisé ce samedi des centaines de personnes sur la Place de la Liberté à Camagüey pour célébrer une tribune anti-impérialiste en soutien à l'ancien dictateur Raúl Castro, dans le cadre d'une série d'actes officiels qui s'étendent à travers tout le pays.
Selon ce que rapporte Radio Camagüey sur ses réseaux sociaux, l'événement a rassemblé des jeunes, des médecins, des enfants, des travailleurs et des intellectuels, principalement habillés en rouge, brandissant des pancartes portant les mots « Raúl est Raúl » et le numéro 95, en référence au prochain anniversaire de l'ex-dictateur le 3 juin.
La tribune camagüeyenne fait partie d'une série de mobilisations convoquées par le régime du 22 mai au 3 juin 2026, en réponse directe à l'accusation pénale déclassifiée le 20 mai par le procureur général par intérim des États-Unis, Todd Blanche, à la Freedom Tower de Miami.
Cette accusation, approuvée par un grand jury fédéral du District Sud de la Floride le 23 avril, impute à Castro — avec cinq militaires cubains — une conspiration pour assassiner des citoyens américains et quatre chefs d'accusation d'homicide pour le abattage de deux avions de Hermanos al Rescate le 24 février 1996, qui a coûté la vie à Armando Alejandre Jr., Carlos Costa, Mario de la Peña et Pablo Morales.

Camagüey s'ajoute ainsi à Artemisa et Pinar del Río, qui ont célébré leurs propres tribunes vendredi avec un scénario propagandiste identique et une mobilisation de travailleurs d'État, de militaires et des transports publics.
En Pinar del Río, une fonctionnaire de la santé a admis en plein acte que 1 630 patients —dont 71 enfants et 365 malades du cancer— n'ont pas pu être opérés faute de ressources, un chiffre qui contraste brutalement avec le déploiement festif du régime.
Le contraste entre la machinerie de propagande et la réalité quotidienne des Cubains est difficile à ignorer : le déficit électrique a dépassé les 2,000 MW à la mi-mai, avec des coupures de courant allant jusqu'à 25 heures par jour, et la CEPAL prévoit une contraction du PIB de -6.5% pour 2026.
Le régime a mobilisé les transports publics et les travailleurs de l'État pour garantir la participation aux événements, une pratique habituelle qui brouille toute interprétation de soutien spontané.
De ser condamné, Castro ferait face à la peine de mort ou à la réclusion à perpétuité, bien que le cas ait un impact principalement symbolique en l'absence d'un traité d'extradition entre Cuba et les États-Unis.
La campagne de tribunes se termine le 3 juin, jour où Raúl Castro fêtera ses 95 ans, transformant ce que le régime présente comme une protestation anti-impérialiste en une célébration d'anniversaire à l'échelle nationale financée par les ressources d'un État en faillite.
Archivé dans :