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Le III Forum International Antifasciste, organisé par le Parti Communiste de la Fédération de Russie et tenu à Moscou du 23 au 26 mai, a exigé que les États-Unis mettent fin à leurs sanctions contre Cuba et ce qu'il a qualifié d'« accusations arbitraires » contre Raúl Castro.
Le texte -qui qualifie l'embargo américain d'« acte de terrorisme d'État contre tout un peuple »- a été diffusé par le Parti Communiste de Cuba via son compte officiel sur les réseaux sociaux, à peine quelques jours après que Washington ait déposé des charges criminelles fédérales contre l'ex-dictateur cubain.
La déclaration exige que les sanctions et les « accusations arbitraires de Washington contre le leader de la Révolution cubaine, Raúl Castro Ruz, doivent cesser immédiatement », et décrit la politique américaine comme « le désir pathologique de punir des pays entiers pour leur choix de chemin de développement », la qualifiant d’« irresponsable et criminelle ».
Le forum a réuni des représentants de plus de 170 partis et organisations de près de 100 pays sous la devise « L'impérialisme engendre le fascisme », et sert de plateforme pour articuler un réseau international de partis communistes et d'organisations proches de Moscou.
La déclaration arrive en réponse directe à une escalade sans précédent de la pression américaine sur Cuba durant mai 2026.
Le 20 mai, le Département de la Justice a présenté des charges pénales fédérales contre Raúl Castro pour sa présumée responsabilité dans l'abattage de deux avions civils de l'organisation Hermanos al Rescate le 24 février 1996, dans lequel quatre Cubano-Américains ont perdu la vie : Armando Alejandre Jr., Carlos Costa, Mario de la Peña et Pablo Morales.
Les charges comprennent la conspiration pour assassiner des citoyens américains, la destruction d'aéronefs et quatre chefs d'accusation d'homicide, et elles reposent sur des enregistrements audio de 1996 dans lesquels Castro aurait supposément ordonné le tir, des documents déclassifiés du FBI et du matériel concernant la soi-disant « Opération Venise ».
C'est la première fois qu'un ancien chef d'État cubain est poursuivi pénalement aux États-Unis.
Le procureur adjoint Todd Blanche a annoncé qu'un mandat d'arrêt avait été émis et qu'il s'attendait à ce que Castro comparaîsse « de sa propre volonté ou d'une autre manière ».
Les actions judiciaires s'inscrivent dans une campagne plus large : le 1er mai, le président Donald Trump a signé un ordre exécutif de « pression maximale » contre La Havane ; le 7 mai, le Département d'État a sanctionné GAESA —le conglomérat militaire-économique qui contrôle environ 40 % du PIB cubain— ainsi que sa direction et la société Moa Nickel S.A. ; et le 18 mai, le Département du Trésor a élargi les sanctions à 11 personnes et trois entités des appareils policier, de renseignement et politique, y compris la Police Nationale Révolutionnaire, le Ministère de l'Intérieur et la Direction de Renseignement (G2).
Le régime cubain a qualifié l'accusation pénale d'« illégitime » et de « moralement infâme », accusant Washington de l'utiliser comme prétexte politique pour justifier l'escalade, et le Parlement cubain a émis sa propre déclaration mercredi dernier en réponse aux actions américaines.
La Russie, alliée historique et l'un des principaux soutiens diplomatiques et économiques de La Havane depuis l'ère soviétique, a ainsi transformé son forum antifasciste en une plateforme de soutien explicite à Castro au moment de la plus forte pression judiciaire à laquelle le régime cubain a été confronté depuis des décennies.
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