Le régime cubain revient à la charge avec les buffles d'eau : « Ils ont un fort potentiel de production de viande et de lait »

Canal Caribe promeut l'élevage de buffles à Granma comme solution à la crise de la viande et du lait, répétant un discours datant des années 80.



Ganadero cubain avec bufalinPhoto © Capture d'écran Facebook / Canal Caribe

Le Noticiero Nacional de Televisión (NTV) a diffusé ce lundi un reportage dans lequel il a présenté l'espèce bufaline comme une « promesse pour augmenter les livraisons à l'industrie » de la viande et du lait.

Le reportage a mis en avant le travail de l'Entreprise Agropecuaire Bayamo dans la province de Granma, à l'est de Cuba, et a affirmé que «la rusticité face au climat et le fort potentiel productif de viande et de lait désignent l'espèce bufaline comme une promesse pour accroître les livraisons à l'industrie».

Selon le média officiel, les buffles peuvent atteindre plus de 420 kilogrammes de poids commercial en environ 30 mois, avec une conversion de 600 à 650 grammes par jour. Pour cela, l'entreprise a créé un centre de promotion de reproducteurs avec une capacité de 25 spécimens, où les animaux cohabitent pendant environ un an avant d'être répartis dans d'autres provinces.

Le producteur privé Daniel Muñoz Valle, de la cooperativa de crédits et services Anselmo Aldana, travaille depuis un peu plus d'un mois avec des buffles et a assuré que la croissance est notable : « C'est une différence énorme. Je crois que pour moi, c'est presque le double des veaux qui augmente quotidiennement. Parce que, en fait, je le constate moi-même ».

Le problème est que cette histoire a déjà été racontée de nombreuses fois.

Les buffles d'eau (Bubalus bubalis) sont arrivés à Cuba au début des années 80 dans le cadre des plans officiels visant à stimuler la production de viande et de lait. Depuis lors, la presse d'État a régulièrement présenté cette espèce comme une alternative capable de transformer l'élevage national.

À intervalles réguliers, le même récit réapparaît. La province, la ferme ou les fonctionnaires interviewés changent, mais le message reste intact : les buffles résistent mieux au climat, produisent plus de lait, prennent du poids rapidement et représentent une opportunité d'augmenter l'offre alimentaire.

En 2016, des médias officiels faisaient la promotion d'une ferme à Cienfuegos qui promettait d'élargir son troupeau jusqu'à 4 000 animaux et d'augmenter significativement la production de lait, de viande, de fromage mozzarella et de yaourt.

Un an plus tard, la Télévision Cubaine parlait de la croissance accélérée de l'espèce et de son potentiel à contribuer à l'alimentation de la population. En 2018, de nouveaux reportages à Ciego de Ávila insistaient sur le fait que les buffles pouvaient aider à relancer l'industrie de la viande et des produits laitiers.

La narration a continué en 2025, lorsque Miguel Díaz-Canel a visité une unité d'élevage à Guantánamo et a salué la production de viande et de lait de buffle comme exemple du potentiel du secteur.

Maintenant, en 2026, le Noticiero Nacional présente à nouveau les buffles comme une promesse pour augmenter les livraisons à l'industrie. Quarante ans après leur introduction à Cuba, le discours officiel reste essentiellement le même.

Cependant, ce qui a vraiment changé, c'est la situation de l'élevage cubain, qui traverse sa pire crise depuis des décennies.

Cuba a perdu plus de 900 000 têtes de bétail depuis 2019, et à la fin de 2024, le cheptel total ne comptait qu'environ 3 millions d'animaux, soit environ 400 000 de moins que l'année précédente.

La production de lait a chuté de 37,6% selon l'Annuaire Statistique de Cuba 2023, tandis qu'à Camagüey —la principale province laitière du pays— on a enregistré près de 59.000 décès de bétail et plus de 7.000 sacrifices clandestins rien qu'en 2024.

Les données officielles confirment une crise alimentaire sévère qui va bien au-delà de la viande et du lait : la production d'œufs a chuté de 43 %, celle des tubercules de 44 % et celle du riz de 59,1 %.

Dans ce contexte, une enquête du Food Monitor Program a révélé qu'un foyer cubain sur trois a souffert de la faim en 2025, avec 33,9 % des familles signalant qu'au moins un membre est allé se coucher sans avoir mangé, contre 24,6 % l'année précédente, et 96 % de la population a perdu son pouvoir d'achat alimentaire.

Face à ce tableau, le régime répond avec un troupeau de 3 000 buffles dans une province de plus de 800 000 habitants, répétant une promesse qui n'est pas tenue depuis plus de quarante ans.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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