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Meliá Hotels International a annoncé ce mercredi la cessation immédiate de ses opérations dans 15 hôtels à Cuba, devenant ainsi la dernière grande chaîne hôtelière espagnole à quitter l'île face à l'ultimatum de l'administration Trump, qui a fixé le 5 juin comme date limite pour rompre les liens avec GAESA, le conglomérat militaire cubain qui contrôle le tourisme sur l'île.
La chaîne mallorquine a notifié la décision à la Commission nationale du marché des valeurs par l'intermédiaire de sa filiale portugaise Ilha Bela, qui conclut « immédiatement la prestation des services de gestion et de commercialisation, ainsi que la cession de l'utilisation de ses marques hôtelières » à Cuba.
La décision avait été communiquée aux propriétaires des hôtels le 26 mai dernier et a été définitivement confirmée ce 3 juin, coïncidant avec le jour où le régime célèbre le 95e anniversaire de Raúl Castro.
Les établissements concernés sont le Gran Hotel Bristol Habana Vieja, l'Innside Catedral Habana, le Meliá Buena Vista, le Meliá Cayo Santa María, le Meliá Jardines del Rey, le Meliá Las Dunas, le Meliá Península Varadero, le Paradisus Los Cayos, le Paradisus Princesa Mar, le Paradisus Río de Oro, le Paradisus Varadero, le Sol Caribe Beach, le Sol Cayo Santa María, le Sol Río de Luna et Mares, et le Sol Varadero Beach.
La chaîne a qualifié l'impact économique de « limité », arguant que « la grande majorité des hôtels sont actuellement fermés et dépourvus d'activité en raison des problèmes énergétiques et de la baisse de la demande que subit la République de Cuba ».
La décision, selon le communiqué envoyé à la CNMV, « a été prise dans un profond souci de responsabilité d'entreprise, et résulte d'une combinaison de circonstances imprévues échappant à la capacité de gestion ou d'action d'Ilha Bela ».
Le véritable risque pour Meliá n'est pas économique mais juridique : opérer au-delà du 5 juin avec des entités liées à GAESA pourrait exposer la société à des sanctions secondaires de Washington.
Les mesures visent des entreprises liées à l'énergie, à la défense, aux métaux, à l'exploitation minière et aux services financiers, et interdisent toute relation avec des personnes désignées, comme Ana Guillermina Lastres, la militaire qui dirige GAESA.
Ce n'est pas la première fois que Meliá fait face à une pression américaine : son directeur général, Gabriel Escarrer, a l'entrée aux États-Unis interdite en vertu du Titre IV de la Loi Helms-Burton.
La sortie de Meliá s'ajoute à une série d'abandons d'autres entreprises en à peine une semaine. Parmi elles, on note Iberostar qui a cessé d'opérer 12 hôtels à Cuba depuis le 1er juin, bien qu'elle maintienne une présence avec six établissements non liés à GAESA.
La canadienne Blue Diamond Resorts a confirmé son départ le 31 mai, affectant 62 hôtels et plus de 12 900 chambres. La compagnie aérienne Iberia a suspendu ses vols entre Madrid et La Havane depuis le 1er juin jusqu'à au moins le 24 octobre.
GAESA contrôle un réseau d'environ 180 hôtels gérés en partenariat avec des groupes étrangers, principalement espagnols et canadiens.
Meliá était le plus grand exploitant étranger sur l'île, avec 33 hôtels sous des contrats à long terme avec Gaviota, la filiale touristique du conglomérat militaire.
Le tourisme cubain était déjà en chute libre avant cet exode d'entreprises. En 2025, seulement 1,8 million de touristes internationaux sont arrivés, le minimum depuis 2002 et moins de la moitié du pic de 4,7 millions enregistré en 2018, et tout indique que le chiffre pourrait encore diminuer en 2026 avec l'effondrement du modèle de gestion étrangère des actifs étatiques militaires.
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