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Manuel Marrero Cruz, Premier ministre de Cuba et deuxième homme le plus puissant du régime, n'apparaît pas dans la nouvelle liste de sanctions publiée par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor des États-Unis mercredi dernier, une absence qui suscite des interrogations sur son rôle potentiel en tant que canal de communication entre La Havane et Washington.
La liste a effectivement inclus le président Miguel Díaz-Canel Bermúdez, son épouse Lis Cuesta Peraza, le chef des services de renseignement Alejandro Castro Espín —surnommé « El Tuerto » et fils de Raúl Castro—, son fils Raúl Alejandro Castro Calís, et Manuel Anido Cuesta, résident à Madrid et lié à Lis Cuesta.
À niveau institutionnel, les États-Unis ont sanctionné le Ministère des Forces Armées Révolutionnaires (MINFAR), les Comités de Défense de la Révolution (CDR), l'Institut Cubain d'Amitié avec les Peuples (ICAP), l'agence de voyages AMISTUR CUBA SA et l'entreprise minière MINERA LA VICTORIA SA.
L'exclusion de Marrero Cruz est frappante : étant le fonctionnaire de rang le plus élevé après Díaz-Canel, il a été écarté d'une liste qui incluait pourtant le chef de l'État, la première dame, le principal responsable du renseignement et les institutions militaires et de contrôle social les plus importantes du régime.
Le modèle rappelle celui de Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, qui pendant des années est restée à l'écart des sanctions américaines malgré son rôle central dans le gouvernement de Nicolás Maduro, ce qui a alimenté les spéculations sur sa fonction en tant qu'interlocutrice entre Caracas et Washington.
La question qui se pose maintenant est de savoir si Marrero Cruz pourrait jouer un rôle similaire pour le régime cubain.
Le propre Premier ministre a réagi le même mercredi via son compte sur le réseau social X, mais il a parlé à la troisième personne des personnes sanctionnées, sans mentionner à aucun moment qu'il était lui-même exclu de la liste.
«L'infâme inclusion du Président @DiazCanelB, des membres de sa famille, d'organisations et d'entreprises cubaines dans une liste de sanctions fallacieuse du gouvernement des #EEUU fait partie de l'escalade dangereuse des agressions contre notre pays pour accentuer un scénario de conflit», a écrit Marrero.
Cette réaction s'inscrit dans un schéma soutenu : depuis mai 2026, Marrero est la voix la plus active du régime contre les sanctions des États-Unis, accusant Washington de vouloir « étouffer » Cuba et attribuant la crise économique et énergétique au « blocus » américain.
Les désignations de mercredi constituent la troisième vague de sanctions de l'administration Trump contre Cuba en 2026 et sont les plus frappantes sur le plan symbolique, en visant directement le chef de l'État et son entourage familial.
La première ronde a inclus GAESA et Moa Nickel S.A., tandis que la deuxième, le 18 mai, a désigné onze personnes et trois entités liées à l'appareil de sécurité cubain, parmi lesquelles Mayra Arevich Marín, Vicente de la O Levy et Roberto Morales Ojeda.
Le 8 mai, Marrero avait affirmé que les sanctions « ne seront pas durables » et que Cuba pourrait « revenir à la normale » petit à petit, une déclaration qui prend aujourd'hui une nuance différente à la lumière de son absence sur la liste SDN.
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