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Le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération d'Espagne, José Manuel Albares, recevra ce jeudi à Madrid le vice-premier ministre et ministre du Commerce extérieur et de l'Investissement étranger de Cuba, Óscar Pérez-Oliva Fraga, dans un contexte de préoccupation croissante concernant l'impact des nouvelles sanctions américaines sur les entreprises espagnoles opérant sur l'île.
Selon l'agenda officielle du Gouvernement espagnol, la réunion se tiendra au siège du Ministère des Affaires étrangères, et aura lieu à un moment particulièrement délicat pour les relations économiques entre Cuba et l'Europe, après l'entrée en vigueur de mesures impulsées par l'administration de Donald Trump contre des entités liées au conglomérat militaire cubain GAESA.
La rencontre aura lieu juste quelques jours après l'expiration du délai fixé par Washington pour que les entreprises étrangères mettent fin à leurs liens avec des structures contrôlées par les Forces Armées cubaines sous peine de sanctions secondaires potentielles.
La mesure a eu un impact direct sur certaines des plus grandes chaînes hôtelières espagnoles présentes à Cuba.
Meliá Hotels International a annoncé le 3 juin l'arrêt de la gestion, de la commercialisation et de l'utilisation de ses marques dans 15 hôtels de l'île, tandis que Iberostar a cessé d'opérer 12 de ses 18 établissements cubains depuis le 1er juin. Dans les deux cas, les hôtels concernés maintenaient des liens avec Gaviota, la principale entreprise touristique contrôlée par GAESA.
La pression sur le régime cubain a encore augmenté le 4 juin, lorsque Washington a élargi les sancions contre le ministère des Forces armées révolutionnaires (MINFAR) et le dirigeant Miguel Díaz-Canel, sa femme Lis Cuesta et plusieurs membres de la famille Castro.
Face aux conséquences pour le secteur entrepreneurial espagnol, le premier vice-président et ministre de l'Économie, Carlos Cuerpo, a récemment assuré que le gouvernement espagnol maintient un « suivi étroit » de la situation et des contacts permanents avec les entreprises concernées afin de tenter de minimiser l'impact des mesures américaines.
La visite de Pérez-Oliva Fraga à Madrid s'inscrit dans une tournée européenne par laquelle La Havane cherche à renforcer ses liens politiques et économiques en pleine intensification de la pression de Washington.
Avant d'arriver en Espagne, le fonctionnaire cubain a fait une escale à Paris, où il a eu des réunions avec des autorités françaises pour discuter de la coopération bilatérale et analyser les conséquences des sanctions américaines.
Selon les informations de la Mission de Cuba en France, lors de ces rencontres, on a discuté « de l'impact grave de la politique agressive et illégale du gouvernement des États-Unis contre Cuba », ainsi que des défis économiques auxquels fait face l'île.
Pérez-Oliva a également tenu des réunions avec des représentants de la mission diplomatique cubaine en France afin d'évaluer la situation interne du pays et de coordonner des actions face aux nouvelles mesures adoptées par Washington.
Le vice-premier ministre cubain a été promu à ce poste en octobre 2025 et appartient à l'une des familles les plus proches du pouvoir sur l'île. C'est le petit-neveu de Fidel et Raúl Castro, étant le petit-fils d'Ángela Castro, la sœur aînée des deux dirigeants historiques de la Révolution.
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement espagnol s'entretient avec des représentants cubains sur l'impact des sanctions américaines. En février de cette année, Albares a reçu à Madrid le chancelier Bruno Rodríguez, qui a également exprimé les préoccupations de La Havane concernant le durcissement des mesures économiques et leurs effets sur les entreprises européennes présentes sur l'île.
En cette occasion, l'Espagne a également annoncé l'envoi d'aide humanitaire à Cuba par l'intermédiaire de l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement et du système des Nations Unies.
La réunion de ce jeudi confirme l'intérêt de La Havane pour préserver ses relations économiques avec l'Europe dans un contexte de plus en plus complexe pour l'investissement étranger sur l'île, tandis que les entreprises qui maintiennent encore des opérations à Cuba continuent d'évaluer les risques découlant du durcissement des sanctions américaines.
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