«Plus d'informations exagérées» : Les Cubains s'en prennent à Cubadebate pour avoir loué le Système d'Attention à la Famille

«Au coin de ma maison, il y en a un... protéine ? dessert ? anniversaire ? vraiment ? Ça ressemble plus à une grotte qu'à un endroit pour déjeuner » : Des Cubains rejettent sur les réseaux le reportage de Cubadebate sur le SAF, dénonçant que la réalité du programme est la pénurie, la corruption et l'abandon.



Vieux homme dans la rue à La Havane (Image de référence)Photo © CiberCuba

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Un reportage du média officiel Cubadebate sur le Système d'Attention à la Famille (SAF) a déclenché une avalanche de critiques sur les réseaux sociaux, où des Cubains à l'intérieur et à l'extérieur de l'île ont rejeté l'image idyllique que le texte brossait d'un programme qui, selon les dénonciations, peine à survivre entre pénurie, corruption et abandon de l'État.

L'article de Cubadebate décrivait le SAF comme un réseau de près de 1 445 unités qui s'occupe de plus de 76 000 personnes vulnérables à travers le pays, avec des menus de cinq plats quotidiens —riz, protéine, soupe, légume, salade et dessert—, des soirées de boléros, des anniversaires collectifs et des soins médicaux intégrés.

La réponse à la publication sur Facebook fut immédiate et percutante. «Plus d'informations gonflées», résuma un commentateur sur Facebook, phrase qui devint l'épitaphe populaire du reportage.

«Au coin de ma maison, il y en a un... protéines ? dessert ? anniversaire ? Sérieusement ? Ça ressemble plus à une grotte qu'à un endroit pour déjeuner ; ne parlons même pas de l'hygiène et c'est triste car ceux qui y vont n'ont pas d'autre option», a écrit un autre utilisateur.

Les critiques ont souligné un fossé radical entre le récit officiel et la réalité quotidienne. « On dirait que ceux qui rédigent les articles de Cubadebate ne vivent pas à Cuba ou n'ont jamais vu un SAF, tous sont vides, ils ne fournissent pas les services pour lesquels ils ont été créés », a dénoncé un autre commentateur.

Plusieurs ont signalé des cas concrets : « Les personnes âgées à Bejucal meurent de faim » et « Celui de Güines est une honte nationale ». Une personne malvoyante a affirmé qu'elle n'avait jamais connu le programme, et un autre utilisateur a indiqué que son fils de 20 ans, porteur d'un handicap, n'était pas au courant de son existence.

La corruption a été une autre cible récurrente. «Ce qui arrive en meilleur état est volé», a écrit un utilisateur. Ce n'est pas une accusation sans fondement : le propre Granma a rapporté en mars 2026 qu'une directrice de la Gastronomie et un administrateur d'une cantine pour personnes âgées détournaient du riz et de l'huile destinés aux plus vulnérables.

Le propre reportage de Cubadebate, malgré son ton triomphaliste, laissait transparaître des signes de la crise réelle. Le SAF 0204 Villanueva, à Boyeros, cuisine avec du bois depuis cinq mois faute de gaz liquide. Sa directrice, Bárbara Mediaceja Hernández, a reconnu que les commerces privés du quartier avaient cessé de collaborer depuis décembre 2025 : « Ils disent qu'ils reçoivent beaucoup d'inspecteurs, qu'ils écopent de nombreuses amendes ».

Le contexte entourant le SAF est celui d'un collapsus structurel. Selon l'Observatoire Cubain d'Audit Citoyen, 79 % des personnes âgées de 70 ans et plus ne parviennent pas à prendre trois repas par jour, et 99 % des retraités reconnaissent que leur pension ne couvre pas leurs besoins fondamentaux, fixée depuis septembre 2025 à 4 000 pesos — moins de 10 dollars au taux de change informel —, alors que 30 000 pesos sont estimés nécessaires pour une alimentation de base mensuelle.

Le programme survit en partie grâce à des dons externes : le Programme mondial de l'alimentation a remis 106 tonnes de viande en conserve au SAF de Villa Clara en mai 2026, et le gouvernement des Canaries a fait don de 75 tonnes de poulet en conserve en avril. Le régime lui-même a reconnu en mars 2026 que «il n'y a pas de ressources pour s'occuper des personnes vulnérables».

«Cessez de publier des paroles vides et faites des reportages de terrain, allez sur place, enquêtez, voyez de vos propres yeux afin qu'un jour vous ne regrettiez pas d'avoir écrit tant de mensonges, qui d'ailleurs, seront archivés comme preuve,» a exigé un commentateur, résumant l'exaspération de ceux qui voient dans le reportage officiel une moquerie envers les anciens cubains qui font face à la faim au quotidien.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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