
Vidéos associées :
Le gouvernement cubain a annoncé une réforme du travail en profondeur qui comprend des augmentations salariales liées à l'inflation, la flexibilisation de l'emploi, l'autorisation du télétravail depuis l'étranger et la possibilité de licenciements pour des raisons économiques, technologiques ou structurelles avec une compensation financière pour les travailleurs concernés.
Les mesures font partie du paquet de 176 transformations économiques et sociales présenté par le premier ministre Manuel Marrero Cruz devant l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire.
Dans le cadre du dénommé Axe 10 : Transformations Professionnelles et Salariales, l'Exécutif propose de mettre en œuvre une réforme globale des salaires dans le secteur budgétaire et de fixer annuellement le salaire minimum, ainsi que les prestations et retraites de la Sécurité Sociale, en prenant comme référence l'évolution de l'inflation.
Les augmentations salariales seraient également soumises à cet indicateur.
La proposition prévoit des modifications du système de pensions. Parmi celles-ci figure la suppression du plafond de l'échelle utilisée pour calculer la contribution à la Sécurité Sociale dans le secteur non étatique.
De plus, les personnes qui travaillent simultanément dans les secteurs public et privé pourront s'affilier et cotiser aux deux régimes de sécurité sociale.
Une autre modification prévoit de reconnaître jusqu'à dix ans consacrés au soin des proches dans les 30 années minimum de service requises pour accéder au régime contributif de retraites.
Les autorités proposent également de supprimer l'approbation administrative pour le pluriemploi des techniciens, des professionnels de la santé, des chercheurs, des enseignants, des professeurs et des fonctionnaires, leur permettant d'exercer plusieurs activités professionnelles sans avoir besoin d'autorisations préalables.
Dans le but de freiner la perte de main-d'œuvre qualifiée, le gouvernement envisage de créer des incitatifs pour retenir les travailleurs spécialisés, en particulier les jeunes.
Il propose également d'accorder une aide mensuelle équivalente à un salaire minimum aux personnes âgées de 18 à 30 ans qui ne travaillent ni n'étudient et qui s'inscrivent à des cours de préparation.
Cette période de formation sera reconnue comme du temps de service.
La réforme introduit également de nouvelles modalités d'organisation du travail.
Les employeurs pourront convenir avec les syndicats d'une réduction du temps de travail et des paiements correspondants pour certaines activités professionnelles, en intégrant ces accords dans les conventions collectives de travail.
Parmi les nouveautés figure également l'autorisation du télétravail depuis l'étranger lorsque cela intéresse l'employeur. De plus, il est ajouté comme motif justifié pour suspendre temporairement l'exécution du service social la réalisation d'études à l'étranger liées au profil professionnel du travailleur, tant qu'il dispose de l'accord de l'entité employeuse.
Les mesures incluent également la possibilité pour des travailleurs d'une même entité d'effectuer des activités professionnelles supplémentaires, des travaux de maintenance ou d'autres tâches similaires au sein du secteur entrepreneurial et budgété.
L'un des changements les plus significatifs est le pouvoir accordé aux entités de mettre fin au lien de travail pour des raisons économiques, technologiques ou structurelles.
La décision devra être évaluée par l'organe collégial de direction, convenue avec l'organisation syndicale et analysée lors de l'assemblée des affiliés et des travailleurs.
Quiconque sera délié pour ces raisons recevra une indemnité financière équivalente à entre trois et six fois le salaire de base du poste qu'il occupait, payable en une seule fois.
La proposition prévoit également une protection équivalente à un mois de salaire pour les travailleurs engagés par des travailleurs indépendants lorsque l'activité est temporairement suspendue ou annulée.
Parallèlement, dans le cadre des transformations envisagées pour le système d'entreprises d'État, le gouvernement propose de supprimer l'échelle salariale actuelle dans les entreprises publiques et de la remplacer par un schéma garantissant un salaire minimum adapté à l'inflation.
Les salaires seraient négociés avec les travailleurs et les syndicats, en fonction de la capacité économique et financière de chaque entreprise.
Selon les explications de Marrero Cruz, ces transformations s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à restructurer l'économie cubaine, à moderniser le marché du travail et à adapter le système de protection sociale aux nouvelles conditions économiques du pays.
Archivé dans :