L'avocat Julio Rodríguez (Pellitero), de l'équipe Gouper avec des bureaux à Valence et aux États-Unis, a averti dans une interview avec CiberCuba qu'une transition à Cuba ne peut pas être négociée avec un régime trompeur.
Les Cubains doivent être « extrêmement vigilants » face à deux menaces simultanées qui pourraient fausser tout processus de changement réel sur l'île, a-t-il souligné.
La première menace vient du régime lui-même. Rodríguez a rejeté sans réserve les 176 mesures de réforme économique annoncées par Díaz-Canel en juin 2026, les qualifiant de « fallacieuses ». Son argument est convaincant : « La seule réforme pour le communisme est d’éradiquer le communisme de Cuba. Il n’existe pas d’autre réforme ».
La deuxième menace, selon l'avocat, provient du propre champ d'opposition. Les organisations politiques de l'exil et celles qui opèrent à l'intérieur de Cuba recherchent un protagonisme qui, bien que légitime en soi, peut transformer le processus de transition en une dispute idéologique stérile.
«Le moment de la transition n'est pas un moment de compétition pour une idéologie», a averti Rodríguez. «Ce n'est pas le moment de dire que mon idéologie a plus de valeur que la tienne. C'est le moment de dire que nous devons obtenir une transition démocratique pour tous les Cubains.»
Cette phrase — « pour tous les Cubains » — a pour l'avocat un sens précis qui n'admet pas d'ambiguïtés : cela n'implique ni impunité ni réconciliation forcée avec ceux qui ont exercé la répression. « Que signifie pour tous les Cubains ? Cela ne signifie pas que nous devons nous embrasser avec les oppresseurs. Non, non. Il doit y avoir justice. La justice doit être un pilier fondamental de la transition. »
Rodríguez a également souligné que la transition exige « responsabilité politique », et pas seulement de bonnes intentions.
Dans ce cadre, l'avocat défend la Constitution de 1940 comme base juridique pour tout processus de changement légitime.
Son argumentation est que ce texte, rédigé démocratiquement avant que la majorité des Cubains actuels ne naissent, offre un cadre qui transcende les disputes partisanes du présent. « Je crois que si quelque chose nous protège en ce moment tous les Cubains pour une transition, c'est une loi écrite avant même que nous ne soyons probablement tous vivants. »
L'avocat a également rejeté la caractérisation idéologique que certains font de cette constitution. « Les Cubains avaient une priorité nationale pour une constitution que beaucoup de personnes, de manière plutôt fallacieuse et mesquine, disent qu'elle est socialiste », a-t-il souligné, expliquant que ces dispositions répondaient à une réalité concrète : Cuba était alors « un pays récepteur net d'immigrants » et ses gouvernements, d'orientation nationaliste et de centre gauche, ont établi cette priorité en conséquence.
Comme exemple de ce que cette constitution a rendu possible, Rodríguez a cité les gouvernements du Partido Auténtico —Grau San Martín et Prío Socarrás— comme des expériences démocratiques authentiques et positives pour Cuba, mémorisées ainsi même par ceux qui les ont vécues.
Ce débat a pris de la force institutionnelle le 5 juin 2026, lorsque des organisations de l'exil ont convenu à Miami d'adopter la Constitution de 1940 comme charte fondamentale pour l'avenir de Cuba. Armando Valladares a qualifié cet accord de « premier consensus absolu » qu'il avait observé parmi les organisations les plus représentatives de la communauté cubaine en exil.
Dans le même temps, le régime a clairement fait connaître sa position : Díaz-Canel a déclaré que ses réformes économiques doivent être « compatibles avec la préservation du système en place » et qu'il n'est pas disposé à « transformer le système politique cubain », fermant ainsi la porte à toute véritable ouverture. Pour Rodríguez, cette position confirme que il n'y a pas de réforme possible au sein du système et que négocier une transition avec ceux qui le soutiennent équivaut à leur garantir l'impunité.
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