«Cultiva ton petit morceau » : les autorités de Guantánamo transfèrent aux familles la responsabilité de produire des aliments

Le municipalité de Niceto Pérez à Guantánamo encouragent les familles à cultiver dans leurs jardins pour faire face à la crise alimentaire à Cuba, tandis que des réformes agricoles sont discutées pour améliorer la production nationale.



Le gouvernement demande à nouveau aux Cubains de résoudre la question de la faim par eux-mêmesPhoto © Venceremos

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Face à la profonde crise alimentaire qui frappe Cuba, les autorités du municipalité de Niceto Pérez, dans la province de Guantánamo, encouragent le mouvement "Desde el barrio cultiva tu pedacito", une initiative qui mobilise les familles pour cultiver dans les jardins, potagers, organoponiques, parcelles et tout espace disponible.

L'initiative, promue par les Comités de Défense de la Révolution (CDR), fait partie du Programme d'Agriculture Urbaine, Suburbaine et Familiale du régime et vise à garantir l'auto-suffisance locale en légumes, légumes secs, tubercules, fruits, épices et cultures de cycle court, a rapporté ce vendredi Radio Guantánamo.

Le média d'État attribue la nécessité du mouvement au "durcissement du blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis à Cuba", sans mentionner les causes internes que le régime lui-même a reconnu à d'autres occasions comme des facteurs déterminants de la crise agricole.

La réalité de Guantánamo, cependant, dépeint une urgence de proportions plus importantes, car elle est l'une des cinq provinces cubaines qui documentent des niveaux critiques d'insécurité alimentaire, selon un rapport d'avril du Food Monitor Program (FMP) 

Cette même province a vu son marché agro-alimentaire La Punta, inauguré en avril 2025 après une coûteuse rénovation, apparaître pratiquement vide à peine sept mois plus tard en raison de défaillances structurelles de gestion, malgré un nombre multiple de fournisseurs assignés.

L'appel à semer dans les jardins n'est pas nouveau ni exclusif à Guantánamo, mais constitue une convocation nationale que les CDR ont répétée à chaque moment de crise, depuis la pandémie jusqu'à aujourd'hui.

À l'échelle nationale, il existe plus de 92 000 jardins actifs et environ 500 000 familles participent au système d'Agriculture urbaine, suburbaine et familiale, qui couvre plus de deux millions d'hectares, sans que cela ait réussi à inverser le déclin de la production.

Les chiffres du désastre agricole sont accablants, car entre 2018 et 2023, la production de viande porcine a chuté de 95 %, le riz de 87 %, les haricots de 70 % et le lait de 58 %.

Cuba importe entre 70 % et 80 % des aliments qu'elle consomme, à un coût avoisinant les 2 milliards de dollars par an, tandis que le marabou, plante invasive symbole de l'abandon des terres agricoles, recouvre entre 1,1 et 1,7 million d'hectares de sols auparavant productifs.

Le dirigeant Miguel Díaz-Canel a admis en juin qu'il "y a des obstacles qui ne viennent pas de l'extérieur ni des blocus" et que la bureaucratie et les normes ont freiné la production, tout en déclarant que l'alimentation est un "enjeu de sécurité nationale".

En réponse à l'urgence, le Premier ministre Manuel Marrero Cruz a présenté devant l'Assemblée nationale un ensemble de 176 transformations qui inclut des réformes agricoles avec usufruit des terres pour une durée indéterminée et décentralisation des prix.

Parallèlement à ces mesures, une nouvelle Loi sur les Terres Agricoles et Forestières prévue pour être discutée ce mois-ci au parlement élargirait le droit d'usufruit à 25 ans renouvelables et les superficies attribuées jusqu'à 67,10 hectares, unifiant plus de 25 dispositions juridiques dispersées.

L'économiste Pedro Monreal a qualifié l'ensemble des réformes de "pragmatisme tardif" et a averti que Cuba "a raté le train des réformes de la Chine et du Vietnam", tandis que l'ancien dirigeant Raúl Castro a souligné que "tout aussi important que l'approbation même de ces transformations est leur mise en œuvre adéquate et opportune".

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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