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Le gouvernement cubain a annoncé que les terres attribuées en usufruit pourront être héritées, une modification qui changerait l'un des aspects les plus sensibles du régime juridique actuel concernant l'exploitation des terres publiques.
L'annonce a été faite par le vice-premier ministre Jorge Luis Tapia Fonseca lors d'une rencontre avec des producteurs, où il a également été annoncé que les réclamations liées aux héritages et autres conflits concernant la terre seront désormais de la compétence des tribunaux et des directions de la Justice.
Depuis la création du programme de usufruit par le en 2008, la terre est restée propriété de l'État et la continuité de son exploitation après le décès de l'usufruitier était soumise à des procédures administratives spécifiques. Les réformes successives, y compris le de 2018, ont maintenu ce principe.
Avec la nouvelle annonce, l'exécutif de Miguel Díaz-Canel assure que les droits découlant de l'usufruit pourront être transmis par héritage, bien que les détails de son application et les conditions juridiques, qui devront être définies dans la réglementation correspondante, ne soient pas encore connus.
La mesure fait partie du paquet de transformations économiques initié par le gouvernement pour inciter la production agricole et mettre en exploitation des terres qui restent inoccupées dans diverses provinces du pays.
La possibilité d'hériter de l'usufruit a été l'une des demandes les plus fréquemment exprimées par les producteurs, qui, depuis des années, réclament de plus grandes garanties pour assurer la continuité des exploitations familiales et justifier les investissements à long terme dans les cultures permanentes, l'infrastructure ou les améliorations des exploitations.
L'incertitude concernant l'avenir de la terre après la mort de l'usufruitier avait été signalée comme l'un des facteurs décourageant ces investissements.
L'annonce intervient dans un contexte de réformes successives du régime de l'usufruit impulsées depuis 2008. Le gouvernement a d'abord autorisé la remise de terres d'État oisives, puis a élargi la surface maximale pouvant être accordée, assoupli certains critères pour les producteurs et régularisé certaines constructions effectuées sur les exploitations.
Cependant, ces modifications n'ont pas réussi à résoudre les problèmes structurels de l'agriculture cubaine ni à réduire de manière durable la dépendance aux importations alimentaires.
Bien que la reconnaissance du droit à hériter représente un changement potentiellement important pour des milliers d'usufruitiers, il faudra attendre la publication des nouvelles dispositions dans le Journal Officiel pour connaître son véritable impact.
Parmi les aspects qui n'ont pas encore été clarifiés figurent qui pourra hériter de l'usufruit, quels critères devront être remplis par les successeurs et dans quelles circonstances l'État pourra éteindre ce droit.
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