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Le gouvernement cubain a annoncé que les émigrés qui conservent la citoyenneté cubaine effective pourront demander des terres d'État en usufruit, une ouverture qui représente l'une des principales nouveautés dans la réforme agraire présentée ce week-end.
La information a été annoncée par le vice-premier ministre Jorge Luis Tapia Fonseca lors d'une rencontre avec des producteurs agricoles, au cours de laquelle il a expliqué que ceux qui ont émigré pourront également accéder au programme de distribution des terres.
Depuis le début du système de usufruit en 2008 par le , les réformes successives ont élargi les conditions d'exploitation des terres d'État, mais jusqu'à présent, la possibilité pour les émigrés de devenir usufruitiers n'avait pas été expressément annoncée.
Le gouvernement n'a pas précisé comment la mesure sera mise en œuvre ni quels seront les critères pour certifier la soi-disant "citoyenneté effective", il sera donc nécessaire d'attendre la publication des normes correspondantes dans le Journal officiel.
L'annonce fait partie d'un ensemble de changements par lesquels les autorités cherchent à intégrer davantage d'acteurs dans la production agroalimentaire, dans un contexte marqué par la pénurie alimentaire et la faible productivité du secteur.
L'ouverture coïncide avec un moment où les autorités reconnaissent la nécessité d'attirer de nouveaux producteurs pour exploiter des milliers d'hectares de terres inexploitées.
Au cours des dernières années, le gouvernement a promu plusieurs réformes du régime d'usufruit —comme l'augmentation de la superficie attribuable, la flexibilisation de certains critères et la régularisation des constructions sur les propriétés— mais les résultats n'ont pas réussi à inverser la crise de production alimentaire qui touche le pays.
Si cette mesure est confirmée par sa publication officielle, l'univers des bénéficiaires potentiels s'élargira de manière significative en incluant les Cubains résidant à l'étranger qui conservent la citoyenneté effective.
Cependant, il reste encore des questions sur des aspects pratiques tels que la résidence à Cuba, l'administration des terres, les délais pour commencer l'exploitation, les mécanismes de contrôle et les conditions pour conserver l'usufruit.
Les déclarations de Tapia Fonseca interviennent par ailleurs alors que le gouvernement travaille sur une nouvelle Loi sur les Terres destinée à remplacer le cadre juridique actuel du usufruit.
Le projet vise à réorganiser la législation agricole et pourrait intégrer de manière définitive des changements comme celui-ci, bien que pour le moment, les autorités n'aient pas publié le texte légal permettant de connaître l'étendue exacte de l'ouverture annoncée.
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