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Le régime cubain a annoncé ce dimanche l'élimination des plafonds de hectares pour l'attribution de terres en usufruit et l'ouverture de ce mécanisme à tous les acteurs économiques, y compris les mipymes, les entreprises mixtes et les investissements étrangers, comme l'a rapporté le média officiel Cubadebate.
L'annonce a été faite par le vice-premier ministre Jorge Luis Tapia Fonseca lors d'une rencontre avec des coopérateurs et des producteurs des municipalités de l'ouest de La Havane, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Économique et Social du Gouvernement 2026.
Le ministre de l'Agriculture, Ydael Pérez Brito, a précisé que la surface à attribuer ne sera plus soumise à un plafond fixe, mais sera déterminée en fonction du projet productif présenté et des programmes prioritaires établis par l'État.
Le seul critère essentiel est que toute personne demandant de nouvelles terres doit avoir pleinement exploité celles qu'elle possède déjà.
Le processus de livraison est également simplifié : les entreprises du Système Agricole pourront attribuer directement les terres aux demandeurs en coordination avec les coopératives, avec un délai estimé de 15 à 20 jours, contrairement aux délais antérieurs qui pouvaient s'étendre considérablement.
Acteurs économiques, peu importe de quels secteurs. Quiconque souhaite se rendre sur le terrain pour travailler peut le faire, a précisé Tapia Fonseca.
Parmi les nouvelles dispositions, les terres attribuées en usufruit pourront être héritées, y compris celles des personnes ayant émigré du pays mais conservant leur citoyenneté effective, qui pourront également demander de nouvelles attributions.
L'espace de bienfaisance s'étend jusqu'à 5 % du total des terres dont dispose le producteur, et lorsque ce dernier aura accumulé plus de cinq ans de résultats positifs, le logement construit sur cette terre deviendra sa propriété.
Les réclamations concernant les successions et les procédures juridiques liées à la terre ne relèvent plus du Ministère de l'Agriculture, mais passent aux tribunaux ainsi qu'aux directions de la Justice municipales et provinciales.
Ces mesures s'inscrivent dans un package plus large de réformes.
La nouvelle Loi sur les Terres Agricoles et Forestières préparée par le régime —prévue pour approbation lors de la session ordinaire de l'Assemblée Nationale du 29 juillet— unifiera plus de 25 dispositions juridiques éparpillées, prolongera les contrats de usufruit à 25 ans renouvelables et élèvera le plafond pour les personnes physiques à 67,10 hectares.
Le contexte de ces réformes est une crise agricole d'ampleur historique : la production de riz est passée de 304 000 tonnes en 2018 à seulement 111 000 en 2025, les tubercules ont diminué de 44 % et les œufs de 43 %.
Cuba importe entre 70 % et 80 % des aliments qu'elle consomme, pour un coût avoisinant les 2 000 millions de dollars par an, et une enquête a révélé que 1 famille cubaine sur 3 souffre de la faim.
Le régime a également annoncé en juin la disparition du Ministère de l'Agriculture, qui sera remplacé par un nouveau Ministère de l'Agroalimentaire intégrant l'agriculture, l'industrie alimentaire, la pêche et le secteur sucrier.
Tapia Fonseca a résumé l'urgence qui motive toutes ces mesures par un avertissement clair : « Si nous ne produisons pas plus, si nous ne mettons pas plus de personnes sur la terre, alors nous n'avançons pas ».
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