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Le Département d'État et le Bureau de Contrôle des Actifs Étrangers (OFAC) du Département du Trésor des États-Unis ont inclus ce lundi COREYDAN S.A. et ENETEC S.A. dans la Liste des Nationaux Spécialement Désignés (SDN), élargissant les sanctions contre le secteur énergétique cubain à deux entreprises étatiques qui, malgré leur faible visibilité publique, jouent un rôle clé dans le commerce des combustibles du régime.
Les deux entités ont été sanctionnées en vertu de la section 2(a)(i)(A) de l'Ordre Exécutif 14404 pour avoir opéré dans le secteur énergétique de l'économie cubaine, a précisé le Département d'État dans un communiqué.
La mesure a été annoncée pour le cinquième anniversaire des protestations du 11 juillet 2021 dans des dizaines de villes et de villages de Cuba, dont la répression a marqué un tournant dans la politique américaine envers La Havane.
COREYDAN S.A. et ENETEC S.A., dont les profils discrets les distinguent des autres entreprises d'État sanctionnées, ont été créées entre la fin de 2019 et le début de 2020 et ont fonctionné avec peu d'exposition publique, malgré leur importance stratégique pour garantir l'approvisionnement en combustibles de l'île.
COREYDAN S.A., fondée le 19 février 2020, a son siège au 552, rue Amistad, à Centro Habana, dans le même immeuble où se trouve l'Union Cuba-Pétrole (CUPET), entreprise d'État qui contrôle l'industrie pétrolière du pays. Des investigations journalistiques publiées en 2025 ont révélé que même les résidents de l'immeuble ignoraient l'existence de la société jusqu'à ce que des reporters vérifient son adresse.
Cependant, derrière ce faible profil, COREYDAN a joué un rôle central dans l'un des plus grands envois de carburant vers Cuba au cours des dernières années. Une enquête de Mexicanos Contra la Corrupción y la Impunidad (MCCI) a identifié l'entreprise comme importatrice dans la majorité des 58 chargements d'hydrocarbures envoyés par Petróleos Mexicanos (Pemex), à travers sa filiale Gasolinas del Bienestar, entre mai et août 2025. La valeur de ces opérations a dépassé les 3 000 millions de dollars.
ENETEC S.A., fondée le 9 décembre 2019, se consacre également au commerce de gros de combustibles et de lubrifiants. Le Département d'État l'a décrite comme une entreprise publique dédiée à l'importation et à l'exportation de ces produits. Tant ENETEC que COREYDAN semblent avoir été créées comme des structures spécialisées pour gérer les opérations énergétiques du régime avec un niveau minimum d'exposition publique.
Les nouvelles désignations s'inscrivent dans la stratégie de Washington visant à accroître la pression sur l'appareil économique qui soutient le régime cubain. Depuis que le président Donald Trump a signé l'Ordonnance Exécutive 14404, le 1er mai 2026, les États-Unis ont sanctionné GAESA (7 mai), CUPET (11 juin) et cinq autres entités liées au conglomérat militaire, dont RAFIN S.A. et Almacenes Universales (23 juin).
Dans ce nouveau tour, les Brigades de Réponse Rapide, les Milices des Troupes Territoriales (MTT), l'Association des Combattants de la Révolution Cubaine (ACRC), le Ministère du Tourisme (MINTUR), ANTEX S.A., GECOMEX, CAUDAL et GEMAR ont également été incluses, comme confirmé par l'OFAC.
Comme résultat de ces désignations, tous les biens et intérêts des entités sanctionnées situés aux États-Unis ou sous le contrôle de personnes américaines sont bloqués et doivent être signalés à l'OFAC. De plus, les personnes et entreprises étrangères ayant certaines opérations avec ces entités pourraient être exposées à des sanctions secondaires.
Avec cette nouvelle offensive, l'administration Trump cumule plus de 240 mesures restrictives contre le régime cubain depuis janvier 2026, dans la campagne de pression économique la plus vaste imposée par Washington depuis des décennies.
En annonçant les nouvelles sanctions, le secrétaire d'État, Marco Rubio, a réaffirmé la politique de l'administration américaine envers La Havane : « Les États-Unis continueront d'utiliser tous les mécanismes à notre disposition tant pour faire face aux menaces à la sécurité nationale que représente le régime communiste cubain, que pour promouvoir les réformes économiques et politiques qui offriront un meilleur avenir à Cuba ».
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