La Chine a exigé ce jeudi des États-Unis qu'ils mettent immédiatement fin à toute menace militaire contre Cuba, en réponse aux rapports concernant l'évaluation de scénarios possibles d'intervention armée sur l'île par le Pentagone.
La réaction de Pékin survient un jour après que CBS News a révélé que des hauts commandements militaires américains ont étudié au cours des dernières semaines diverses options opérationnelles contre Cuba, parmi lesquelles un éventuel assaut aérien dirigé par la 101.ª Division Aéroportée, basée à Fort Campbell, Kentucky.
Lors de sa conférence de presse habituelle, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de Chine, Lin Jian, a condamné tout recours à la force dans les relations internationales.
"L'utilisation ou la menace de la force dans les relations internationales viole gravement la Charte de l'ONU et met en danger la paix et la sécurité mondiales et régionales. La Chine s'y oppose fermement", a-t-il affirmé.
Le fonctionnaire a également réitéré le soutien de Pékin au régime cubain et a assuré que la Chine continuera d'apporter son soutien à La Havane "dans la protection de sa souveraineté nationale et dans l'opposition à l'ingérence extérieure".
Dans le cadre de son argumentation, Lin a cité le vote qui a eu lieu le 7 juillet dernier lors de l'Assemblée générale de l'ONU, où 136 pays ont soutenu l'ouverture d'un débat urgent sur l'embargo américain contre Cuba, contre seulement neuf voix contre. Selon le porte-parole, ce résultat reflète le "large soutien international" envers l'île.
Le Pentagone évite de commenter
Consulté par CBS News sur le contenu de l'information, le porte-parole intérimaire du Pentagone, Joel Valdez, a évité de s'exprimer et a répondu uniquement : "Nous ne faisons pas de commentaires sur des opérations militaires hypothétiques."
Cependant, des fonctionnaires américains cités par la chaîne ont indiqué qu'une action militaire immédiate est jugée peu probable, en partie parce qu'une grande partie des capacités offensives des États-Unis restent concentrées au Moyen-Orient après l'effondrement du cessez-le-feu avec l'Iran.
Les déclarations de la Chine interviennent dans un contexte de détérioration marquée des relations entre Washington et La Havane en 2026.
Le 10 juin dernier, le secrétaire à la Guerre des États-Unis, Pete Hegseth, a visité la Base Navale de Guantánamo et a averti que ce serait "imprudent" que le régime cubain tente d'acquérir des armes capables de menacer cette installation ou le territoire américain. À titre d'exemple des conséquences de défier Washington, il a mentionné la capture de Nicolás Maduro.
En mai, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a effectué une visite inhabituelle à La Havane pour transmettre que les États-Unis élargiraient la coopération bilatérale si Cuba entreprenait des "changements fondamentaux". Peu après, le Département de la Justice a porté des accusations pénales fédérales contre Raúl Castro pour le démantèlement des avions des Hermanos al Rescate en 1996.
Plus récemment, à l'occasion du cinquième anniversaire des manifestations du 11J, le secrétaire d'État Marco Rubio a exhorté la direction cubaine à opter pour "des réformes réelles, la paix et la prospérité, avant qu'il ne soit trop tard", bien qu'il ait affirmé que le régime continue de rejeter toute transformation et maintient un système basé sur une "idéologie marxiste moralement corrompue".
Cuba, un point de friction entre Washington et Pékin
Le contexte stratégique ajoute une dimension internationale à la crise. Selon le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) et des informations discutées lors des audiences du Congrès américain en 2025, la Chine opère quatre installations de renseignement à signaux à Cuba, situées à Bejucal, Wajay, Calabazar et El Salao.
Par ailleurs, les États-Unis ont accru leur présence militaire dans les Caraïbes par le biais de l'Opération Southern Spear, avec plus de 1 300 marines déployés et des vols de surveillance près des côtes cubaines. Parallèlement, un rapport de Axios publié en mai a soutenu que Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires de fabrication russe et iranienne depuis 2023.
La réponse de Pékin marque ainsi un nouvel épisode dans la rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, avec Cuba de nouveau placée au cœur des tensions géopolitiques entre ces deux puissances.
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