
Un incendie a consumé ce samedi une partie des déchets accumulés au coin de 15 et K, à El Vedado, à proximité du siège national des Comités de Défense de la Révolution (CDR), dans un nouvel épisode qui met en évidence la détérioration des services publics à La Havane.
Le citoyen Cesario Navas a partagé des images de l'incendie via son profil Facebook et a affirmé que ce genre d'événements se reproduit fréquemment dans les grands dépotoirs improvisés qui prolifèrent à travers la capitale.
Selon son témoignage, le feu a touché plusieurs nouveaux conteneurs de déchets et a nécessité l'intervention d'une brigade de sapeurs-pompiers.
Le dépotoir se trouve à l'arrière du siège national des CDR et en face d'un bâtiment du Ministère de l'Intérieur où se situe la Direction Générale des Établissements Pénitentiaires, a-t-il indiqué.
Pour Navas, il est "incohérent" qu'une accumulation de déchets d'une telle ampleur demeure pendant des mois à côté du principal bureau des CDR sans que des solutions visibles ne soient mises en place.
Dans sa publication, l'activiste a décrit une ville marquée par l'accumulation de déchets, les incendies dans les décharges, les coupures de courant, la pénurie d'eau, de nourriture et de médicaments. "Cuba souffre ! Assez, assez !" a-t-il écrit.
Les commentaires sur la publication soutiennent cette perception. Plusieurs résidents ont affirmé que la décharge occupe le coin depuis des mois et ont signalé que les véhicules avaient du mal à circuler dans la zone en raison de la quantité de déchets accumulés.
D'autres ont qualifié d'"embarrassant" l'état d'abandon du lieu et ont remis en question l'absence d'actions de la part des responsables des CDR.
La ironie est majeure, car ce coin se trouve dans la zone de couverture du Conseil Populaire Rampa, celui-là même qui à peine deux semaines auparavant a lancé en grandes pompes le projet pilote de El Rampeño, un projet de développement local qui utilise des tricycles électriques pour ramasser les déchets solides porte à porte dans le Vedado.
Le projet a débuté le 6 juillet avec seulement cinq des 30 tricycles prévus, avec des tarifs de 100 pesos par mois et à partir de 15 000 pesos pour les entreprises privées.
La télévision d'État et les médias officiels cubains ont couvert le lancement avec enthousiasme, mais le scepticisme des voisins était évident dès le premier jour.
Ce qui s'est passé à 15 et K n'est pas un cas isolé. Samedi, le coin de Monte et Águila à Jesús María a également été signalé comme étant une décharge à ciel ouvert, avec le même schéma d'accumulation.
En février, il a été révélé que seulement 44 des 106 (41 %) camions de collecte de la capitale sont opérationnels en raison d'une pénurie de diesel et de dégradations mécaniques.
La Havane génère entre 24 000 et 30 000 mètres cubes de déchets solides par jour, mais jusqu'à 23 814 mètres cubes ne sont pas collectés chaque jour, selon des données officielles.
Les conséquences sanitaires sont graves. Cuba a clôturé 2025 avec au moins 81 909 cas de dengue et de chikungunya et 65 décès officiellement recensés, et en 2026, l'épidémie reste active avec plus de 2 800 cas dans 134 municipalités.
L'historien Julio César González Pagés a décrit la situation avec crudité : "La Havane entre dépotoirs et excréments arrive l'été avec peu d'eau, d'hygiène et de médicaments, faisant revivre le pire de son époque coloniale".
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