Des économistes cubains présentent une feuille de route pour surmonter la crise

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Cinq des économistes cubains indépendants les plus reconnus ont publié ce lundi Cuba Transformación, une proposition de 120 pages qui propose de démonter le modèle économique actuel de l'île et de le remplacer par une économie sociale de marché soutenue par un État démocratique de droit.

Le document, présenté comme une feuille de route pour sortir Cuba de la pire crise économique de son histoire récente, affirme que le principal obstacle à la récupération n'est pas l'embargo des États-Unis, mais l'épuisement du système économique instauré par le régime.

L'initiative, annoncée le 22 juin dernier et divulguée maintenant dans sa version intégrale, a été élaborée par Mauricio de Miranda Parrondo, Pedro Monreal González, Omar Everleny Pérez Villanueva, Ricardo Torres Pérez et Pavel Vidal Alejandro, avec le soutien du Cuba Study Group et de l'Observatoire sur l'Économie Cubaine.

Les auteurs décrivent une économie en recul. Selon le rapport, en 2025, le Produit Intérieur Brut (PIB) réel restait en dessous de celui enregistré en 2014 et était de plus de 15 % inférieur à celui de 2018. L'investissement ne représentait à peine que 7 % du PIB, très loin de la moyenne latino-américaine, proche de 19 %, tandis que la dette extérieure s'élevait à environ 29,3 milliards de dollars, équivalant à plus de 130 % du PIB.

Le texte soutient que le modèle économique cubain a épuisé sa capacité à générer de la croissance depuis des années et critique le fait que les gouvernements successifs aient remplacé les réformes internes par des alliances externes.

«La politique étrangère a fonctionné comme un substitut de la politique économique», affirme le document, en faisant d'abord référence à la dépendance de l'Union soviétique, puis à celle du Venezuela.

La proposition rejette expressément de suivre le chemin de la Chine ou du Vietnam. En revanche, elle propose une transition vers une économie sociale de marché dans laquelle les réformes économiques s'accompagnent de changements politiques et institutionnels garantissant un État de droit.

Pour les auteurs, sans ces transformations, les réformes resteraient vulnérables à des revers.

Le plan se divise en trois étapes. La première, prévue pour une durée d'environ trois ans, se concentre sur la stabilisation de l'économie par des actions urgentes concernant la crise énergétique, la production alimentaire, l'inflation, le marché des changes et l'expansion du secteur privé. Les étapes suivantes envisagent la reprise productive, la réforme institutionnelle et la consolidation d'un nouveau modèle de développement.

GAESA, CUPET et le retour aux organismes financiers

Parmi les propositions les plus significatives figure la réorganisation du conglomérat militaire GAESA. Le document propose de transférer ses entreprises à des institutions civiles, d'incorporer ses revenus dans le budget de l'État et de remettre au Banque Centrale les réserves internationales gérées par le groupe.

También propose d'éliminer le monopole de CUPET dans le secteur énergétique, de créer un marché des terres agricoles avec des contrats de usufruit pouvant aller jusqu'à 50 ans et une limite de 402 hectares par producteur, en plus de demander le réengagement de Cuba auprès du Fonds Monétaire International (FMI), de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine de Développement (BID).

Un des sujets les plus sensibles est celui des propriétés confisquées après 1959. Les économistes proposent de créer une Commission Nationale des Réclamations qui permettrait de dédommager les anciens propriétaires par le biais de bons ou d'autres mécanismes, sans expulser ceux qui ont acquis par la suite ces biens conformément à la législation en vigueur.

Avertissement sur la corruption

L'économiste Pedro Monreal a souligné ce lundi sur le réseau social X que la proposition inclut six mesures spécifiques pour prévenir la corruption, en contraste avec les 176 actions récemment approuvées par l'Assemblée nationale du régime, qui —comme il l'a souligné— n'abordent à peine ce problème par des références générales au « contrôle et inspection ».

Monreal a averti qu'une privatisation accélérée des actifs étatiques, sans institutions solides ni garanties juridiques, pourrait favoriser l'appropriation de ces ressources par des personnes proches du pouvoir.

Les auteurs précisent que Cuba Transformación ne vise pas à être un programme de gouvernement ni n'est dirigé par l'administration de Miguel Díaz-Canel. Ils le présentent comme une base pour discuter de la manière de reconstruire l'économie cubaine après des décennies de stagnation.

«Cette proposition ne vise pas à être un plan infaillible ni à offrir des solutions magiques. Elle présente, en revanche, un cadre analytique cohérent, réaliste et flexible», conclut le document.

En même temps, il reconnaît les principaux défis pour son application : l'absence des conditions politiques nécessaires, la nécessité d'obtenir un financement international dès le début du processus et la possibilité que les secteurs qui concentrent aujourd'hui le pouvoir bloquent toute transformation en profondeur.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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