
Le gouvernement cubain a maintenu jusqu'au 31 décembre 2027 l'exemption des droits de douane pour l'importation de systèmes solaires photovoltaïques et d'autres équipements liés aux sources d'énergie renouvelables, tout en incorporant de nouveaux incitatifs fiscaux pour certains investissements sociaux et pour la commercialisation de ces technologies.
Les mesures apparaissent dans la , publiée ce vendredi, par la Résolution 180/2026 du Ministère des Finances et des Prix.
La norme elle-même indique qu'elle cherche à «élargir les incitations fiscales liées aux sources d'énergie renouvelable», à favoriser les investissements des acteurs économiques dans le secteur social et à regrouper son traitement dans une seule disposition.
La résolution exonère de l'Impôt Douanier les personnes physiques et morales qui importent des systèmes solaires photovoltaïques, y compris leurs pièces et composants essentiels énumérés dans l'Annexe I.
Le bénéfice concerne également les chauffe-eau solaires, les pompes photovoltaïques, les petites éoliennes, les biodigesteurs à géomembranes, les motopompes à biogaz, les systèmes d'éclairage solaire et les climatiseurs solaires.
La exonération inclut également des chargeurs pour véhicules électriques fonctionnant à l'aide de sources d'énergie renouvelables et des équipements destinés au traitement de la biomasse pour produire de l'énergie, ainsi que leurs pièces et composants essentiels, à condition qu'ils soient compris dans les codes tarifaires établis dans l'Annexe I.
Dans le cas des personnes physiques, ces marchandises ne font pas partie de la valeur d'importation sans caractère commercial autorisé, mais doivent être présentées à la Douane sépérées du reste des articles importés.
La norme exonère également de l'Impôt Douanier les personnes morales qui importent des matières premières, des composants, des pièces, des appareils et des accessoires pour réaliser des processus d'investissement ou fabriquer des équipements et des pièces de rechange destinés à l'exploitation des sources renouvelables.
Le secteur public et les formes de gestion non étatiques qui développent des projets de production d'électricité à partir de sources renouvelables peuvent également importer sans payer cette taxe les machines, équipements et autres moyens inclus dans l'Annexe II dont ils ont besoin lors du processus d'investissement.
S'il s'agit de biens similaires non mentionnés dans cet annexe, le bénéfice doit être demandé au Ministère des Finances et des Prix et peut être approuvé de manière ponctuelle par une résolution.
Les annexes de la nouvelle disposition indiquent comme date limite le 31 décembre 2027 pour les listes de marchandises bénéficiant des exonérations tarifaires.
La Résolution 180/2026 est entrée en vigueur ce vendredi 7 août avec sa publication au Journal officiel.
En résumé, sa principale nouveauté n'est pas de créer de toutes pièces l'exemption de droits de douane pour les panneaux solaires, mais de conserver ce régime et d'ajouter de nouveaux avantages fiscaux, en particulier pour les investissements à caractère social et pour la vente de technologies renouvelables.
Jusqu'à huit ans d'exonération pour certains investissements
La Résolution 180 maintient un autre avantage déjà prévu dans la norme approuvée en février : les personnes morales et les personnes physiques exerçant des activités économiques peuvent être exonérées des impôts sur les bénéfices ou sur les revenus personnels, selon le cas, lorsqu'elles installent des sources d'énergie renouvelable pour l'autoconsommation, leur activité économique ou pour fournir de l'électricité au Système Électroénergétique National.
L'exemption s'applique pour un montant équivalent à la valeur de l'investissement pendant sa période de récupération, avec un plafond maximal de huit ans.
Pour l'obtenir, il est nécessaire, entre autres exigences, de disposer d'un Avis Énergétique de l'Office National pour le Contrôle de l'Utilisation Rationnelle de l'Énergie et de soumettre la demande correspondante auprès de l'ONAT.
La résolution établit également que les personnes morales qui importent des matières premières, des composants, des équipements, des pièces ou des accessoires destinés à améliorer l'efficacité énergétique peuvent bénéficier d'une réduction ou d'une exonération de la taxe douanière lorsqu'il existe une justification économique, sur demande préalable au Ministère des Finances et des Prix.
Nouveaux incitatifs pour les investissements d'ordre social
Une des nouveautés par rapport à la Résolution 41/2026 est destinée aux investissements dans les sources renouvelables que les acteurs économiques effectuent dans le cadre de leur responsabilité sociale.
La norme permet de bonifier les impôts sur les bénéfices et sur les revenus personnels lorsque ces investissements sont destinés à des centres de services pour la population, des centres sociaux ou de soins, des immeubles multifamiliaux, des logements occupés par des personnes électrosensibles, l'éclairage public ou à la sécurisation énergétique de l'approvisionnement en eau.
La bonification consiste à déduire du montant de l'impôt à payer le total de l'investissement. Pour bénéficier de cet avantage, il sera nécessaire de présenter à l'ONAT un avis énergétique, le projet technique-économique validant le montant investi et une certification de conformité de l'entité ou de la personne bénéficiaire.
Une année sans Impôt sur les Ventes
Une autre incorporation est l'exonération de la Taxe sur les Ventes pour les personnes morales et physiques ayant des activités économiques sur les revenus provenant de la commercialisation en gros ou au détail de technologies et systèmes liés aux sources renouvelables.
Ce bénéfice aura une durée d'un an à compter de l'entrée en vigueur de la résolution. Lorsqu'une entreprise vend également d'autres produits, elle devra différencier dans sa comptabilité les ventes liées aux sources renouvelables afin de pouvoir contrôler l'application de l'exemption.
Prix «non recaudatoires»
La disposition précise également que les technologies et systèmes liés aux sources renouvelables doivent être commercialisés sur les marchés de gros et de détail grâce aux prix «non recaudatoires».
La Gaceta établit que ces prix sont déterminés en fonction des coûts et des dépenses de l'opération, des impôts et d'un bénéfice allant jusqu'à 25 % sur les coûts selon la formule définie dans la résolution.
Les véhicules électriques sont exemptés de ce mécanisme de formation des prix et sont régis par une disposition spécifique du Ministère des Finances et des Prix.
L'exemption douanière pour ces technologies ne commence pas avec la nouvelle Résolution 180.
En juin 2025, la Résolution 169/2025 a mis à jour les avantages liés à l'importation d'équipements d'énergies renouvelables, a étendu l'exemption aux personnes morales et a ajouté, entre autres éléments, des chargeurs pour véhicules électriques fonctionnant avec des énergies renouvelables et des équipements pour le traitement de la biomasse.
En février 2026, la Résolution 41 a de nouveau organisé ce régime et a exempté de la Taxe Douanière les panneaux, batteries, onduleurs et autres composants mentionnés dans ses annexes.
Cette même disposition prévoit l'exemption fiscale pouvant aller jusqu'à huit ans pour certains investissements dans les énergies renouvelables.
La Résolution 180 abroge maintenant cette norme de février et regroupe les avantages existants avec les nouveaux incitatifs destinés aux investissements sociaux et à la commercialisation des technologies renouvelables.
En parallèle, le gouvernement a également utilisé d'autres incitations pour promouvoir la génération d'énergie renouvelable. En mai, il a établi un tarif de 90 CUP par kilowatt/heure pour l'électricité provenant de sources renouvelables livrée au SEN.
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