Le Institut de Politique America First (AFPI) a publié ce mercredi un rapport dans lequel il recommande à l'administration Trump d'établir une présence militaire permanente des États-Unis dans les Caraïbes comme première mesure pour faire face au régime cubain, qu'il qualifie de menace stratégique active pour la sécurité nationale américaine.
Le document, intitulé «La dictature à côté : Cuba et la lutte pour l'Hémisphère occidental», a été élaboré par Melissa Ford Maldonado, directrice de l'Initiative pour les Amériques de l'institut, et formule 12 recommandations concrètes de politique.
La présence militaire permanente figure en tête de cette liste.
Une présence dédiée, non empruntée
La proposition ne prévoit pas de construire de grandes bases militaires à Cuba ni dans d'autres pays des Caraïbes.
Plantea, en cambio, d'élargir les accords d'accès, les droits de survol et les points de coopération en matière de sécurité avec les gouvernements alliés de la région.
Le modèle qui l'inspire est l'ancien Commandement de défense des Caraïbes, créé dans les années quarante comme précurseur de l'actuel Commandement sud (SOUTHCOM).
L'infographie de l'AFPI le résume avec précision : «Forces consacrées affectées au SOUTHCOM, non prêtées par d'autres commandements».
La recommandation vise à institutionnaliser ce qui jusqu'à présent a été des déploiements rotatifs.
En mois récents, les États-Unis ont déployé plus de 1 300 marines dans les Caraïbes aux côtés du porte-avions USS Nimitz et d'aéronefs de surveillance avancée dans le cadre de l'Opération Southern Spear.
Le rapport vise à transformer ce type de présence en quelque chose de permanent et de structurel.
Cuba : «Plus fragile que jamais depuis l'effondrement soviétique»
Le rapport positionne Cuba comme la dictature la plus durable dans l'Hémisphère Occidental —plus de 67 ans depuis la Révolution de 1959— et soutient que le régime traverse son moment de plus grande vulnérabilité depuis des décennies.
«Cuba est plus fragile aujourd'hui qu'à tout autre moment depuis l'effondrement soviétique. Son économie est en difficulté, sa population a diminué de près d'un quart en seulement quatre ans, et la perte du pétrole vénézuélien a éliminé l'un des derniers bouées de sauvetage du régime», souligne l'AFPI.
Un tournant a été la capture de Nicolás Maduro par des forces américaines le 3 janvier 2026. Cet événement a interrompu l'approvisionnement en pétrole vénézuélien vers l'île.
Le Mexique, qui avait commencé à couvrir une partie de ce déficit, a réduit ses envois face à la menace de droits de douane imposés par Trump aux pays qui fournissent du pétrole à Cuba, aggravant les coupures de courant qui, dans certaines zones, dépassent les 20 heures par jour.
«Un projet international» contre les États-Unis.
Ford Maldonado a été catégorique en présentant le rapport : « Cuba représente une menace massive pour la sécurité nationale des États-Unis. C'est un régime communiste hostile situé à seulement 90 miles de la Floride, et il a un historique de 67 ans de travail actif contre les intérêts américains, soutenant tous nos adversaires et exportant la révolution à travers le monde ».
L'analyste est allé plus loin en caractérisant la nature du projet castriste :
«La Révolution cubaine n'a jamais été confinée à l'île. C'est plutôt un projet international. Elle a toujours consisté à affaiblir les États-Unis, à renforcer ses adversaires et à exporter la révolution dans le monde.»
Le document avertit également que le régime de Miguel Díaz-Canel a répondu à la pression non par une ouverture politique, mais en s'accrochant au Parti Communiste, aux services de sécurité et aux Forces Armées.
De plus, il signale que La Havane a élargi sa coopération avec la Russie, la Chine et l'Iran, transformant l'île en une plateforme à partir de laquelle des puissances adverses « projettent leur influence dans l'Hémisphère occidental » à seulement 90 milles de la Floride.
L'AFPI et son lien avec l'administration Trump
L'institut n'est pas un acteur périphérique à Washington. Il a été fondé en 2021 par d'anciens fonctionnaires de la première administration Trump, et plusieurs de ses anciens responsables occupent aujourd'hui des postes clés : Brooke Rollins est secrétaire à l'Agriculture, Linda McMahon dirige l'Éducation, John Ratcliffe est à la tête de la CIA et Kash Patel dirige le FBI.
Le rapport s'inscrit dans la politique connue sous le nom de « Doctrine Donroe », selon laquelle Washington a déclaré qu'il ne tolérera pas que des puissances hostiles établissent des bases militaires, de renseignement ou économiques en Amérique.
Le document complète le rapport du Département d'État de juillet 2026 intitulé « Cuba : la capitale du communisme du XXIe siècle », présenté par Marco Rubio, qui documente six décennies d'espionnage cubain contre les États-Unis et conclut que l'île reste une menace massive pour la sécurité nationale.
«À seulement 90 miles de la Floride, le régime cubain reste un avant-poste stratégique pour les adversaires de l'Amérique. Protéger la patrie nécessite une stratégie America First de pression maximale soutenue», conclut le rapport.
Archivé dans :