
Le Département de la Sécurité nationale (DHS) a publié cette semaine une directive interne à effet immédiat qui instruits les avocats du gouvernement à demander la clôture anticipée de certaines demandes d'asile, avant que les demandeurs puissent présenter leur témoignage devant un juge.
La mesure, confirmée par un guide interne cité en premier par Fox News, représente une escalade dans la politique migratoire de l'administration Trump et affecte directement des milliers de familles cubaines, vénézuéliennes et centre-américaines avec des procédures en cours.
En quoi consiste la nouvelle directive ?
La mesure concerne les avocats de la Oficina del Asesor Jurídico Principal de ICE (OPLA), qui représentent le DHS devant les tribunaux de l'immigration.
Ces avocats devront présenter des motions pour « permettre » —écarter d'emblée— les demandes qu'ils jugent légalement insuffisantes rien qu'en examinant le dossier, sans attendre l'audience complète.
En termes pratiques, le gouvernement demande au juge de rejeter l'affaire en arguant que, même si les faits racontés étaient complètement vrais, ils ne satisfont pas au seuil légal minimum pour obtenir l'asile.
Un point crucial : ICE n'a pas le pouvoir d'annuler un cas de manière unilatérale.
Comme l'a expliqué l'avocat en immigration Ezequiel Hernández dans une analyse pour Univision, « le juge a le pouvoir de rejeter le dossier avant l'audience, et ce qui se passe alors, c'est que vous n'atteignez pas votre audience, il n'y a pas d'audience, il n'y a qu'un jugement ».
Qu'est-ce qui change par rapport à ce qui existait auparavant ?
Cette directive a des antécédents directs.
En avril 2025, le Bureau Exécutif pour la Révision des Cas d'Immigration (EOIR) avait déjà publié une politique autorisant les juges à ignorer les demandes incomplètes sans tenir d'audience.
Des mois plus tard, la Commission des appels en matière d'immigration (BIA) a renforcé ce cadre avec le jugement précédent Matter of H-A-A-V-.
La nouvelle directive du DHS représente le troisième échelon : elle n'autorise plus seulement les juges à omettre, mais ordonne activement aux avocats du gouvernement de rechercher systématiquement ces rejets.
Hernández a résumé cela ainsi : « Maintenant, le président Trump a donné un nouvel outil au Département de la Justice, aux procureurs de l'ICE, pour préparer une motion demandant au juge de l'immigration de ne pas entendre le cas, car ils estiment qu'il n'est pas justifié ou ne répond pas au minimum requis pour être considéré comme un cas d'asile. »
Quels cas présentent un risque plus élevé ?
La directive cible les demandes «insuffisantes», c'est-à-dire qui, à première vue, ne remplissent pas les exigences légales minimales.
Pour obtenir l'asile aux États-Unis, il ne suffit pas de démontrer des difficultés économiques ou une insécurité généralisée.
Le demandeur doit démontrer une persécution passée ou une crainte fondée de persécution future liée à l'un des cinq motifs protégés par la loi : race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social déterminé ou opinion politique.
Les cas les plus à risque peuvent être ceux où il n'est pas clairement démontré qu'il y a eu persécution, qu'il existe un motif protégé par la loi ou que cette persécution est survenue précisément pour ce motif.
Cela préoccupe particulièrement la communauté cubaine avec des cas de demande d'asile défensif en attente, car le fait d'avoir quitté l'île en raison de la crise économique ou du rejet du système politique ne garantit pas que le dossier remplisse les exigences légales.
La différence résidera dans la manière dont le formulaire I-589 a été rédigé, en particulier pour les demandes soumises sans représentation légale.
L'administration Trump justifie la mesure en arguant qu'il existe « beaucoup de fraude » dans le système et que la plupart des cas concernés correspondent à des demandes déposées pendant l'administration Biden.
Un contexte d'offensive migratoire plus large
Cette directive intervient dans le cadre d'une série de mesures qui ont durci l'accès à l'asile.
À la fin juillet, le DHS a publié un règlement provisoire qui permet à l'USCIS de renvoyer certaines demandes d'asile affirmatif directement devant le tribunal sans entretien préalable, une mesure qui pourrait affecter plus d'un million de dossiers en attente.
Pour les Cubains, la situation est particulièrement délicate : l'ICE a augmenté les détentions de migrants cubains de 463% entre octobre 2025 et avril 2026, et beaucoup de ceux ayant une ordonnance de supervision (formulaire I-220A) ont été envoyés directement au tribunal sans passer par un entretien d'asile.
Des experts en immigration recommandent à ceux qui ont des procédures en cours de consulter immédiatement un avocat de confiance pour examiner la solidité de leur dossier avant qu'une motion de rejet anticipé ne mette en péril leur séjour aux États-Unis.
Esta nueva directriz del DHS podría afectar miles de casos pendientes. Sigue de cerca todos los cambios en políticas migratorias en nuestra sección de
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